Le rugby, c’est, au choix, « un sport collectif de combat, ou un sport de combat collectif », indique Fabien Jacques, éducateur à l’Entente RCBM-Ascap. Les définitions varient selon les amateurs. Fabien Jacques, lui, préfère l’aspect collectif au combat, qui prend quelquefois des connotations négatives. D’où, dès le début de l’initiation à la discipline, l’apprentissage du respect « de l’autre et de l’arbitre : quand il y a beaucoup de contact, si on n’écoute pas l’arbitre, cela risque de faire virer le jeu à la bagarre générale ».
L’Aire urbaine, à l’instar de la Franche-Comté, n’est pas terre d’ovalie, mais les clubs existants quadrillent plutôt bien la région. Le Rugby Club Belfort-Montbéliard (RCBM) avait monté une école de rugby. L’Ascap, à Montbéliard, s’est rapprochée du club il y a six ou sept ans, en entente, pour que tous les petits amateurs profitent des enseignements mais « notre objectif, c’est d’avoir suffisamment d’enfants, dans les prochaines années, pour constituer deux écoles, une à Belfort, une à Montbéliard, chaque samedi ». Car même si l’entente met à disposition une navette pour emmener les enfants d’une ville à l’autre, le trajet est parfois rédhibitoire pour les parents…
D’abord, la sécurité
Parce que le rugby n’est pas aussi implanté que le football dans la région, les effectifs varient en fonction de la notoriété de l’équipe nationale : « Dans l’Aire urbaine, on a bénéficié de la Coupe du monde de rugby et de l’effet match du XV de France à Bonal, on avait d’ailleurs beaucoup misé dessus , admet Fabien Jacques. Mais les effectifs sont toujours un peu cycliques ».
L’école de rugby accueille aujourd’hui 150 à 160 enfants, à partir de 5 ans et demi, filles et garçons, une activité mixte jusqu’aux moins de 15 ans. Au départ, « les règles sont très simplifiées, explique Fabien Jacques. Avec les tout-petits, on mise sur la sécurité tout en leur apprenant à passer le ballon et à aller marquer ». Les éducateurs mettent d’abord en confiance, et amènent progressivement les gestes du rugby, par des jeux de lutte au sol, de blocage du ballon, de plaquage. Et dès le début, « on leur apprend que l’arbitre a raison, que sa décision soit bonne ou mauvaise » .
La spécialisation sur des postes plus fixes intervient à partir des moins de 13 ans, même si, pour pallier le déficit de premières lignes, « les instances fédérales ont, depuis cette année, introduit la mêlée chez les moins de 11 ans ». Autre constat, qui montre que le rugby a beaucoup évolué : « La morphologie ne dicte plus le poste. Ce n’est pas parce que les enfants courent moins vite qu’ils ne vont pas avoir un poste clef dans le match. On leur apprend à prendre du plaisir dans ce qu’ils font ». Le jeu est devenu plus subtil, plus technique, surtout chez les piliers. Le héros du match n’est plus forcément l’arrière athlétique. D’ailleurs, ceux qui continuent, en section rugby à Saint-Claude, dans le Jura, la seule de Franche-Comté, ne sont pas forcément des exclus de la mêlée. Le 14 novembre, des moins de 17 ans de l’Ascap, du RCBM et de Lure ont fait partie de la sélection Franche-Comté qui a rencontré celle d’Île de France avec, cerise sur le gâteau, une entrevue avec le XV hébergé, comme eux, à Marcoussis. Le rugby peut procurer des petits plaisirs inoubliables.
Karine Frelin SE RENSEIGNER Auprès de Fabien Jacques au 06.82.91.24.87 ou Jean-Pierre Box au 06.74.78.66.52. Internet : www.rugbybelfortmontbeliard.com
JOUER Les entraînements de l’école changent de site après chaque vacance scolaire, au stade de la Banane à Montbéliard, ou au stade Pierre-de-Coubertin à Belfort. Ils ont lieu le samedi après-midi pour les moins de 7 ans aux moins de 11 ans. Et le mercredi pour les moins de 13, moins de 15 et moins de 17 ans, avec des matches le samedi. Les plus petits participent à des tournois.
COMBIEN ÇA COÛTE ? Jusqu’aux moins de 13 ans, une année revient à 75 € comprenant la licence, le short et les chaussettes.