PARIS On pouvait s’y attendre, François Fillon n’a pas été applaudi à son arrivée au congrès des maires, qui se déroulait hier à la Porte de Versailles à Paris devant près de 6000 élus. Le Premier ministre a été hué et sifflé. Il faut dire que dès le matin, le ton était donné puisque plusieurs dizaines d’élus faisaient signer à l’entrée du Congrès, une pétition réclamant le retrait du projet de loi de réforme territoriale. Selon eux, 2000 personnes, la plupart de gauche, l’avaient déjà signée.
Que va-t-on devenir si la TP est supprimée ? « Pour la réforme de la taxe professionnelle, nous venons de rappeler les difficultés et iniquités soulevées, à ce jour, par le projet de loi, soulignait hier après-midi, en ouverture, Jacques Pélissard, maire de Lons-le-Saunier et président de l’Assemblée des maires de France. Il est nécessaire d’assumer la pérennité indispensable du lien fiscal entre entreprises et territoires, d’augmenter significativement la part de cotisation complémentaire sur la valeur ajoutée revenant aux communes et communautés et de mettre enfin en œuvre un véritable dispositif de péréquation nationale au profit des zones les moins riches. »
« Comment faire sans la taxe professionnelle ? s’interroge Bernard Tritter, maire d’Auxelles-Bas (Territoire de Belfort) qui souligna que « la communauté de la Haute Savoureuse ne fonctionne qu’avec la taxe professionnelle. Alors, si elle est supprimée, que va-t-on devenir ? » Un discours qui résume bien l’ambiance qui régnait hier au sein de l’assemblée des maires.
À l’issue du discours du Premier ministre, les maires des communes de l’Aire urbaine, ne semblaient pas convaincus par les explications sur la réforme de la fiscalité et de la taxe professionnelle.
« Je ne suis pas convaincu, tout comme mes collègues du Territoire qui étaient assis a mes côtés, assure de son côté, commente Michel Berné, de Rougemont-le-Château. Je reste sceptique, malgré quelques bonnes nouvelles, comme la reconduction de fond de compensation de la TVA et l’ouverture des fonds à l’Ademe afin de permettre de compenser la taxe carbone. Mais là encore, ce sera sur les investissements futurs. ».
Pour Jean-Michel Villaumé, maire d’Héricourt, « il y a beaucoup de choses de dites, mais il va falloir analyser dans le détail les propos du Premier ministre. »
Jean-Michel Villaumé poursuit : « Je ne suis pas contre la réforme de la taxe professionnelle, mais pas n’importe comment. Il ne faut pas casser le lien avec le territoire, note le maire PS d’Héricourt. Je suis d’accord sur l’intercommunalité, il faut faire ensemble ce qu’une commune ne peut pas faire toute seule. Reste à clarifier les compétences, et surtout garder les financements croisés ». « Et que l’on arrête de stigmatiser les élus locaux, s’insurge-t-il. Nous sommes des élus responsables devant nos citoyens. »
Jean Becker