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le 14/11/2009 à 05:47

Automobile 

Nos élus et les mobilités du futur... et du présent

Un concept-car développé par Assystem, bureau d’études du pays de Montbéliard, ébauche d’une voiture intelligente nouvelle.     Photo d’archives Jacques Balthazard

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Au pays de l’auto, il n’est pas toujours aisé d’évoquer les mobilités futures sans tomber dans le politiquement correct. Réflexions glanées à la veille de Mobilis chez nos élus.

Signe des temps : on ricane moins du fait que Pierre Moscovici n’ait pas de voiture. En ces temps de réchauffement climatique où il est de bon ton de défendre des modes de déplacements plus doux, le député du Doubs devient tendance. C’est une exception dans le berceau de PSA. Les autres élus ont tous une voiture qu’ils bichonnent plus ou moins.

Jacques Hélias, maire de Montbéliard (PS) : « J’adore les voitures et je suis abonné à plusieurs revues spécialisées. J’ai une 206 CC. J’ai eu pendant plusieurs années un 4x4 dont j’ai bousillé le moteur. Aujourd’hui, les 4x4 deviennent de plus en plus écologiques et moins polluantes que les voitures classiques. Il y a des modèles qui rejettent moins de 140 g de CO². Le 4x4 permet d’aller partout (je ne parle pas d’aller dans les bois) mais dans des endroits qui ne sont pas accessibles parce que les routes ne sont pas goudronnées.»

«Plus généralement, je pense que l’avenir est aux voitures avec des moteurs hybrides. Pour la circulation en ville, je suis favorable à la voiture électrique et à l’autopartage. Au centre-ville de Montbéliard, je souhaite un meilleur partage de l’espace entre la voiture et le vélo. Nous allons sortir prochainement un code de la rue ».

Moi, je fais 400 km par mois à vélo

Bernard Lachambre, vice-président, chargé de l’environnement à la CAPM (Verts) : « J’ai une 406 depuis dix ans, que nous utilisons surtout pour les vacances. Moi, je me déplace essentiellement à vélo et je fais 400 km par mois. À l’avenir, on aura toujours besoin de la voiture mais j’aimerai qu’on aille davantage vers le covoiturage, l’autopartage, mais aussi que l’on développe davantage les transports en commun. Je trouve dommage qu’on ne développe pas davantage le vélo électrique dans notre région, où on a été pionnier en matière de deux-roues ».

Christophe Grudler, conseiller général Territoire (Modem) : « C’est un objet utilitaire. Mais comme je fais en moyenne 40 000 km par an, il faut que ma voiture soit à la fois fiable , s ûre et confortable. C’est la raison pour laquelle je roule au volant d’une Citroën C5, une voiture du groupe PSA. Dans le nord Franche-Comté comme dans le sud Alsace, l’automobile est au cœur de l’économie régionale. Je crois qu’il faut que ce pôle spécialisé se maintienne, voire se développe. Mais il ne faut pas pour autant tout attendre de la seule industrie automobile. Il faut conserver l’existant et chercher dans d’autres secteurs d’activité de nouveaux gisements d’emploi ».

Damien Meslot, député du Territoire (UMP) : « Pour moi, c’est un moyen de se déplacer. Mais, j’ai toujours choisi mes voitures chez Peugeot, parce que ce constructeur fait travailler beaucoup de monde dans notre région. J’ai une 307 à l’heure actuelle. Si dans l’avenir, il y a possibilité d’acquérir une voiture à un prix raisonnable qui respecte davantage l’environnement, alors je choisirai cette solution. Cela peut paraître un raisonnement simple. Mais il me paraît juste. Mon père aussi a roulé toute sa vie avec des Peugeot. Et pour l’anecdote, je vous dirai que j’ai mon permis de conduire et que je n’ai pas de chauffeur à disposition. Cela dit, je crois que nous avons en France beaucoup de retard dans le domaine de la voiture propre et qu’avec le Grenelle de l’Environnement et la taxe carbone, nous avons rattrapé notre retard ».

Nasser Diffalah, maire de Couthenans (PCF) : « Pour moi, la voiture, c’est d’abord un outil de travail pour me rendre à l’usine, chez Marti à Vieux-Charmont, à une quinzaine de km de chez moi. J’ai une Renault Scenic de 2002. Je constate en tout premier lieu que beaucoup d’emplois ont été sacrifiés dans l’automobile. On estime à 23 000 le nombre des emplois supprimés depuis quelques années dans la filière automobile dans notre région. Ce n’est pas terminé. PSA vient d’annoncer encore 6 000 postes en moins d’ici à 2012. Tout cela est très inquiétant alors que les restructurations en cours se poursuivent chez les équipementiers et les fournisseurs automobiles. Je constate aussi qu’il y a de plus en plus de précarité depuis quelques années et j e me demande ce que deviendront nos jeunes à qui on ne propose plus que des contrats à durée déterminée ou de l’intérim. Dans ma commune, le nombre de chômeurs a augmenté de 5,3 % au cours des mois passés et le nombre des personnes bénéficiant du RSA a augmenté de plus de 15 %. Les dégâts sont déjà considérables. Il faudrait que cela s’arrête ».

Jacques Balthazard et Patricia Louis

Y ALLER Mobilis, les 16 et 17 novembre à l’Axone à Montbéliard. Ouverture de l’exposition des véhicules du futur au public le 18 de 14 h à 18 h.


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