La France et la République dominicaine vont signer vendredi à Saint-Domingue une convention de transfèrement des détenus, ouvrant la voie à un retour de Français emprisonnés dans ce pays des Antilles, a annoncé aujourd'hui le secrétaire d'Etat français à la Coopération Alain Joyandet.
M. Joyandet a annoncé la signature de cette convention, après s'être entretenu lundi pendant plus d'une heure avec les familles de trois des 19 Français actuellement incarcérés en République dominicaine, dont celles de Sarah Zaknoun (19 ans) et Céline Faye (20 ans).
Le ministre, qui effectuera un déplacement en fin de semaine à Saint-Domingue, a expliqué qu'il irait rendre visite à ces deux jeunes Françaises, condamnées fin 2008 à 8 ans de prison après la découverte de six kilos de cocaïne dans leurs bagages et détenues depuis dans une prison pour femmes. Elles affirment que la drogue a été placée dans leurs valises.
«Notre démarche est humanitaire. Il ne s'agit pas de remettre en question une décision de la justice dominicaine (...) mais de passer un accord pour que les détenus français puissent être rapprochés de leurs familles et terminer leur peine en France», a précisé le ministre à l'AFP.
Alain Joyandet devrait aussi évoquer au cours de son déplacement à Saint-Domingue (du 12 au 14 novembre) une visite en France du président dominicain Leonel Fernandez, envisagée début décembre, selon son ministère.
Il a aussi souligné que le combat des familles des deux jeunes femmes, qui n'ont cessé de clamer leur innocence, avait favorisé «l'accélération des discussions entre les deux Etats pour la signature de cette convention».
Une fois signée, la convention ne pourra entrer en vigueur qu'après des procédures de ratification complexes des deux pays concernés, soit probablement pas avant un an, selon le ministère.
Les demandes de transfèrements seront alors examinées au cas par cas, la condition principale étant que la peine infligée soit bien purgée une fois le détenu de retour en France.
Cette condition suppose que l'écart entre les peines appliquées par les justices des deux pays ne soient pas trop éloignées pour des crimes similaires: c'est le cas à Saint-Domingue, où les peines pour trafic de stupéfiants oscillent entre 5 et 15 ans de prison.
En revanche, selon le ministère, le transfèrement reste difficile à envisager «quand il existe un écart considérable entre la peine prononcée et la peine maximum en France». C'est le cas de la Française Florence Cassez, condamnée à 60 ans de prison pour son implication supposée dans des enlèvements au Mexique.