Délinquants sexuels : pour ou contre la castration chimique ?
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Un croquis d'audience de Francis Evrard, pédophile récidiviste, jugé par la cour d'assises du Nord à Douai. AFP
L'ouverture lundi du procès du pédophile récidiviste Francis Evrard alimente la controverse sur le suivi des délinquants sexuels, qui sera débattu au Parlement en novembre dans le cadre d'un nouveau projet de loi et se focalise sur la castration chimique.
Francis Evrard comparaît devant les assises de Douai pour l'enlèvement et le viol du petit Enis le 15 août 2007 à Roubaix, un mois et demi après sa libération de prison où il purgeait une peine de 18 ans pour le viol de deux petits garçons.
Cet homme de 63 ans avait été soumis lors de sa sortie à une «surveillance judiciaire» qui s'est révélée inopérante. Son procès s'ouvre moins d'un mois après le viol et le meurtre d'une joggeuse enlevée en forêt de Fontainebleau par un délinquant sexuel récidiviste.
Le gouvernement s'était saisi de ces deux faits divers pour annoncer rapidement des évolutions législatives sur le suivi des criminels sexuels, même si leur taux de récidive reste faible selon les chiffres officiels (1,6%).
Apeine votée, la loi antirécidive du 10 août 2007 -- prévoyant que les délinquants sexuels revenant sur leur volonté de se soumettre à une castration chimique soient privés de réduction de peine -- la loi du 25 février 2008 instituait la «rétention de sûreté». Celle-ci permet de retenir dans des centres fermés, après la fin de leur peine, certains condamnés toujours considérés comme dangereux.
Après le meurtre de Marie-Christine Hodeau, le gouvernement a exhumé un projet de loi conçu pour renforcer la «surveillance de sûreté» des condamnés remis en liberté. Il doit être présenté courant novembre à l'Assemblée nationale.
L'interdiction pour les criminels sexuels de séjourner à proximité des lieux habités par leurs victimes sera inscrite dans la loi. Elle prévoit aussi le retour en prison d'un délinquant sexuel sous suivi socio-judiciaire, s'il interrompt son traitement.
Cette dernière mesure, qui vise à développer la castration chimique, pose la question de l'efficacité des médicaments antihormonaux.
Selon la psychiatre Sophie Baron-Laforet, vice-présidente de l'association pour la recherche et le traitement des auteurs d'agression sexuelle, ce type de soins ne peut être «systématisé».
«Un bon traitement, c'est un traitement donné à la bonne personne au bon moment, comme pour n'importe quelle pathologie», a-t-elle expliqué à l'AFP.
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