Le ton s’est singulièrement durci entre le SMAU et Alliance Connectic. Début de l’été, le syndicat mixte a mis en demeure la société concessionnaire de respecter ses engagements. Alliance Connectic est, en effet, revenue sur plusieurs clauses fondamentales du contrat de délégation de service public pourtant approuvé et signé par les deux parties en mars 2008. Invoquant « un bouleversement de l’équilibre économique du projet dans un contexte concurrentiel », le délégataire réclame 2,5 M€ supplémentaires.
Promesse non tenue
« Inadmissible », tonne le président du SMAU, Pierre Moscovici qui, prochainement en délégation, compte aller mettre « devant ses responsabilités » le patron d’Eiffage, actionnaire majoritaire d’Alliance Connectic. En attendant, la promesse d’un accès à l’Internet haut débit (avec un débit minimum de 2 megabits/seconde) couvrant l’intégralité de l’Aire urbaine « selon le principe d’une constante solidarité entre les zones urbaines et rurales » n’est pas tenue. Les fourreaux pour accueillir la fibre optique sont réalisés. Ou presque. Mais les tuyaux sont vides. Quant à la couverture des zones blanches, essentiellement en milieu rural, « on » est toujours en quête de l’aménagement numérique idoine.
« Nous avons refusé de payer les 83 700 euros pour la BLHD. Simplement parce que nous voulons avoir des certitudes quant à la pertinence des technologies utilisées. On a l’impression d’être dans un grand flou inquiétant. Comme on n’a pas vu l’ombre d’un commencement de travaux, on attend », résume Claude Perrot, maire de Blamont et président de la communauté de communes des Balcons du Lomont.
Les « péquenots » de l’Aire urbaine
« Quoi qu’on en dise, ce projet haut débit demeure à deux vitesses. Les entreprises de la ville bénéficieront de 100 Mb/s et celles de la campagne pourront prétendre à 2Mb/s, notoirement insuffisants. Nous demeurons les péquenots de l’Aire urbaine, laquelle n’a pas pris en compte le développement de nos zones d’activités », se fâche Pierre Chatelain, le maire d’Abbévillers.
Porté par le président du SMAU, Yves Ackermann, dès 2000, le haut débit n’en demeure pas moins le premier dossier structurant qui fédère toutes les collectivités de l’Aire urbaine. Le nouveau président Pierre Moscovici entend bien le mener à son terme. « L’accès à l’Internet est désormais perçu comme un service de première nécessité, dit-il. Pourquoi ? Parce que l’État dématérialise ses services et que les ruraux veulent aussi faire leur déclaration d’impôts par internet. Parce que les écoliers ont besoin de faire des recherches le soir pour leurs exposés. Je comprends dont leur impatience, qui est aussi la mienne, face aux atermoiements d’Alliance Connectic ».
Françoise Jeanparis