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le 12/08/2009 à 03:54

Crise En Bolivie, les éleveurs d’alapaga (sur)vivent moins bien

Les alpagas sont élevés par les indiens aymaras à plus de 4000 mètres d’altitude.  Photo AFP

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Loin de Wall Street ou de la City, les communautés andines de Bolivie ne sont pas à l’abri de la crise. Le prix de la précieuse laine d’alpaga a chuté ces derniers mois. Reportage à 4000 mètres d’altitude.

L’Europe est le principal acheteur de la précieuse laine d’alpaga. Pour dénicher cette fibre, prisée des grands couturiers de Milan ou de Paris pour sa finesse, sa chaleur et sa résistance, il faut grimper à 4400 m d’altitude, à l’ombre du volcan endormi de Sajama, plus haut sommet de Bolivie (6541 mètres) et antre des « Apus », les dieux des indiens aymaras. C’est là que s’étend le parc national protégé de plus de 100 000 hectares, où les communautés andines produisent la laine de ce camélidé, cousin du lama et de la vigogne, qui se nourrit d’arbustes locaux (kenua et thola).
Avec l’ouverture au marché mondial, cette pratique ancestrale est devenue la principale source de revenus de cette région isolée, située à 300 km au sud-ouest de La Paz, près de la frontière avec le Chili. Selon l’institut national de statistiques (INE), le commerce de la laine de camélidés rapporte environ 300 dollars par an (210 euros) au million et demi d’indiens aymaras qui vit sur l’altiplano andin, au milieu de 270 000 alpagas et 2,2 millions de lamas. Chaque année, ils produisent en moyenne 250 tonnes de laine d’alpaga et 434 tonnes de laine de lama, selon la principale coopérative de producteurs du pays (Coproca).

Moitié moins cher

Mais la crise a changé la donne. Si l’impact de la chute de la demande européenne sur la production est encore impossible à chiffrer, les cours ont fortement baissé. « Le prix de la livre de laine d’alpaga et de lama a quasiment diminué de moitié », estime Maria Choque, principale productrice du village de Sajama, qui compte 350 habitants.
Ces derniers temps, la livre de laine, s’achète « à 7 ou 9 bolivianos (un peu moins d’un euro) », alors qu’elle en valait plus de 16 il y a deux ans. « Ensuite, nous transportons la laine à La Paz pour la revendre aux grossistes, moyennant un gain de trois bolivianos par livre, pour qu’ils fabriquent des pulls et des ponchos », ajoute-t-elle. Après un processus de lavage et de tissage de la laine, ces articles sont revendus nettement plus cher en Europe : pour un pull en alpaga, il faut compter au minimum 40 euros et souvent bien plus de 100 euros.

Une tonte une fois tous les deux ans

Si la laine d’alpaga est la plus prisée des acheteurs étrangers, elle s’échange quasiment au même prix que celle de lama, à Sajama. La différence réside davantage dans la couleur de la fibre. « La laine blanche vaut davantage », précise celle que tout le monde surnomme « Dona Maria ».
Selon l’un des plus anciens habitants du village, Pablo Olivares, la production de cette laine est « très difficile », car la tonte ne se fait qu’une fois tous les deux ans, en octobre-novembre, période la moins froide de l’année. « Chaque alpaga produit quatre livres de laine, un lama une livre et demi et une vigogne, seulement 300 grammes », précise-t-il.
Que se passe-t-il quand le prix de la laine baisse ? « La même chose que quand le prix est plus élevé. Nous survivons », ajoute-t-il avec une pointe d’ironie.


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