Né à Rome en 1986, ce mouvement international continue son développement en France, avec une deuxième implantation en Alsace, à Mulhouse.
Deux escargots se promènent dans la plaine alsacienne. Après le « schnaeckele » strasbourgeois (une quarantaine d’adhérents), un « schnackala » haut-rhinois vient de voir le jour, doublant ainsi le nombre de conviviums (association locale) du mouvement Slow Food en Alsace.
Au programme des activités de la rentrée : atelier cuisine au marché de Mulhouse, découverte du Safran alsacien à Saint-Hippolyte ou des pommes d’Alsace anciennes avec les arboriculteurs de Kingersheim, et le Verger conservatoire de l’Écomusée.
« La promotion de la biodiversité locale est un de nos chantiers principaux », explique son président, Nicolas Senn. « Nous sommes des gastronomes qui cherchons à consommer local et promouvoir des circuits courts. » La valorisation du goût et des traditions culinaires est dans les gènes de ce mouvement international, né à Rome en 1986 en réaction à l’implantation d’un restaurant rapide MacDonald’s au cœur de la ville.
Lentille blonde du Cantal
Le combat pour les papilles rejoint celui pour l’environnement, Slow Food militant notamment contre les OGM et la disparition de variétés anciennes. Le mouvement érige ainsi au rang de « sentinelles » certaines espèces ou variétés menacées, comme la lentille blonde du Cantal, la vache nantaise et peut-être bientôt la poule d’Alsace, en impliquant des agriculteurs.
« Le "la" de notre action est donné par Slow Food France (2000 adhérents, sur 82 000 dans le monde), qui tente actuellement de promouvoir la "haute qualité environnementale" auprès de la restauration collective », enchaîne Nicolas Senn. « Nous irons donc au-devant des politiques dans différentes communes afin que les écoles, les hôpitaux ou les maisons de retraite proposent des repas à base de produits locaux de qualité, bio si possible. »
La vie locale du mouvement se couple d’une intense activité internationale rythmée par des grand-messes : la prochaine, la conférence « Eurogusto », aura lieu du 27 au 30 novembre en France, à Tours. Des militants de « Terra Madre », émanation de Slow Food dans les pays du Sud, y seront présents.
« C’est le même système agricole et agroalimentaire qui produit la misère et la famine au Sud, et l’abondance, l’obésité et les maladies du Nord », théorise Jean Lhéritier, président de Slow Food France et enseignant en économie. Manger local, penser global…