Secours Les pompiers misent sur les chiens
Des tests annuels et des formations se sont déroulés dans le Haut-Rhin. Après chaque exercice, les chiens ont droit à quelques minutes de jeu.Photo J-F.S
Les effectifs de chiens sauveteurs pourraient bientôt doubler, voire tripler, dans le département du Haut-Rhin. Ces animaux sont susceptibles d’intervenir dans l’Aire urbaine.
« La sécurité civile, c’est un ensemble : chez les pompiers, chaque service départemental d’incendie et de secours choisit certaines spécialités, c’est pourquoi le Bas-Rhin ne compte pas d’équipe cynotechnique aujourd’hui », expose Carmelo Tambuzzo, conseiller technique haut-rhinois de ce domaine d’activité, et organisateur de la session de tests qui s’est déroulée dernièrement : chaque année, les chiens sauveteurs et leur conducteur sont soumis à un réexamen de leur niveau, à franchir obligatoirement pour figurer sur la liste opérationnelle transmise au préfet, qui permet d’intervenir en situation réelle.
Sur 17 équipes cynotechniques de six départements de la zone de sécurité « Est » (qui regroupe au total 17 départements et plus de 40 équipes), figuraient deux « binômes » haut-rhinois. « Nous avons relancé, fin 2010, cette activité, abandonnée quelques années en raison notamment du vieillissement des chiens, explique Carmelo Tambuzzo. Aujourd’hui, nous avons deux hommes et trois chiens, mais l’un des deux miens, âgé de 12 ans, va arrêter. En revanche, quatre autres équipes passeront leur examen d’entrée fin novembre. »
« Meilleure réactivité »
Le nombre d’équipes opérationnelles en 2013 pourrait donc tripler. « Vu leur niveau, ça devrait bien se passer, avance Olivier Etterlen, responsable du stage sanctionné par le diplôme. Après, on ne sait jamais, il suffit d’un petit souci ce jour-là, avec le chien ou le conducteur. L’aléa fait l’intérêt du métier ! »
Davantage d’équipes cynophiles chez les pompiers, quel est l’intérêt ? « D’abord, une meilleure réactivité pour des recherches de personnes, en cas d’effondrements de bâtiments, de tremblement de terre, d’avalanches, de disparitions ou de gros accidents de la route, où les victimes sonnées peuvent s’éloigner avant de s’évanouir. Cela permet aussi d’anticiper, en faisant venir des équipes en cas de risque d’effondrement sur un gros incendie, par exemple, répond Carmelo Tambuzzo. Le but est de trouver une complémentarité dans le travail avec le Bas-Rhin et le Territoire de Belfort, qui n’ont pas d’équipe cyno, comme avec les Vosges ou les gendarmes, qui en disposent. »
Ainsi tout récemment, les épreuves ont consisté à rechercher des personnes sous les décombres (sur le site d’une entreprise de construction à Wintzenheim), et des personnes égarées dans la forêt de Niederhergheim, où la piste était tracée par les gendarmes.
« Notre groupe d’investigations cynophiles de la gendarmerie du Haut-Rhin compte neuf chiens et six maîtres, et le groupe bas-rhinois neuf chiens et huit maîtres, indique l’adjudant Franky Marchal, présent en observateur. Au total, nous sommes l’une des régions qui en compte le plus. En cas de besoin, nous pouvons collaborer avec la protection civile ou des associations pour la recherche de personnes, ainsi que la police et les douanes pour d’autres types d’interventions. Ou encore avec les services cyno des régions voisines, y compris la brigade canine allemande. »
* * *
Dès le plus jeune âge
600 heures sont nécessaires pour former un chien, en
l’habituant, dès les premiers mois, à la présence des hommes
et à leur recherche contre une récompense. Puis 180 à 240
heures d’entraînement sont obligatoires chaque année.
« Contrairement à nous, le chien est attentif à la moindre
réaction de son maître, témoigne le conseiller technique du
Sdis 68. C’est d’ailleurs en l’observant qu’il ressent s’il s’agit
d’un exercice ou d’une situation réelle. Quoi qu’il en soit, sa
vaillance le conduit souvent à se blesser sur les terrains
délicats, notamment aux coussinets. »








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