Assises Viol contesté au cours d’une nuit d’ivresse à Valdoie

le 17/10/2012 à 05:00 Pascal Busy
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Archives Le Pays

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Accusé de viol par une femme rencontrée dans un bar de Valdoie (90) lors d’une soirée de beuverie, un Belfortain de 29 ans invoque le consentement et le traquenard. Verdict aujourd'hui.

Si complot il y a eu comme le laisse entendre l’accusé, par qui et pourquoi ? La victime présumée ne le dira pas. Depuis cette sordide soirée d’août 2009 où elle a affirmé avoir été violée dans un appartement de Valdoie, Françoise (*) s’est évanouie dans la nature. Refus de se soumettre aux expertises, de répondre aux convocations du juge d’instruction et même de se constituer partie civile devant les assises de Haute-Saône et du Territoire. Hier, le banc des victimes est donc resté vide.

Séverine, sa meilleure amie qui est intervenue cette nuit-là dans la chambre pour mettre un terme à la relation sexuelle en cours, n’a pas non plus répondu à l’appel du président Ardiet. Son témoignage est pourtant capital et le magistrat délivre un mandat d’amener pour l’entendre. En vain pour l’instant.

Difficile dans ces conditions de faire la lumière sur le déroulement de cette soirée, d’autant plus que, comme l’admet un enquêteur, « tous les protagonistes ont menti » à un moment ou à un autre. La victime entre autres, qui dans un premier temps a affirmé avoir été abusée alors qu’elle se trouvait en robe avec une culotte, alors qu’elle était nue sous son peignoir. Il est vrai que la mémoire peut jouer des tours dans un contexte d’alcoolisation lourde comme ce fut le cas.

Tout démarre dans un bar de Valdoie où se trouvent David M., 27 ans, et son copain Alexandre. À la table à côté, deux femmes plus âgées engagent la conversation et proposent à la fermeture de poursuivre les libations chez un ami, juste à côté, vers une heure du matin.

L’homme les accueille dans son salon, ouvre une bouteille de vin mais la plus jeune des femmes « ne se sent pas bien ». Pour preuve dans la salle de bain, elle vomit même sur sa robe, se lave et revient dans le séjour en petite tenue, entièrement nue sous un peignoir qui baille. « Elle s’est assise à côté de moi, m’a pris la joue et m’a embrassé sur la bouche », assure l’accusé qui admet l’avoir « portée dans la chambre… parce qu’elle commençait à s’endormir, qu’elle ne se sentait pas très bien ».

Suffisamment tout de même pour répondre à ses sollicitations « Je lui ai fait un bisou, j’ai caressé sa poitrine et ça a été un peu plus loin. On a eu un rapport. Elle ne m’a pas repoussé, ne s’est pas débattue au départ. Après comme ça durait trop longtemps, elle m’a demandé d’arrêter mais j’ai continué un peu ? »

Et les hématomes sur les bras ? questionne le président Ardiet. En garde à vue, il avait admis lui avoir immobilisé les bras mais le conteste aujourd’hui. Son avocat, Me Jérôme Pichoff, s’insurge à ce propos de l’absence d’examen médico-légal détaillé pour décrire et dater ces bleus. Tout comme il déplore qu’aucun relevé d’alcoolémie n’ait été pratiqué sur Françoise.

Une version carrément trop « soft » pour les autres protagonistes. Le copain Alexandre était lui-même dans la chambre au moment des faits, ivre également et curieusement allongé sur le sol. En réclamant, selon l’accusé, sa part des ébats. « Mais je lui ai dit non. » Le jeune homme maintient pourtant avoir entendu Françoise se refuser à David « à plusieurs reprises ». Pour lui, le viol ne fait pas de doute. On se demande toujours pourquoi il n’est pas intervenu.

Autre témoignage, celui de leur hôte n’est guère plus fiable et convaincant. Lui se trouvait dans le salon ou à l’extérieur de l’appartement. Il a fait irruption dans la chambre, allumé la lumière et constaté que le couple avait une relation sexuelle. Lors de ses premières déclarations, ce quadragénaire a évoqué « des cris » de la jeune femme avant de parler de « gémissements ». En tout cas à la vue de la scène, il ne s’est pas inquiété outre mesure puisqu’il a refermé la porte et la lumière, laissant à son sort le couple et Alexandre qui observait.

C’est finalement Séverine qui est intervenue énergiquement en revenant de l’extérieur où elle téléphonait. Elle se précipitait aussitôt sur l’homme et l’expulsait de la chambre avant que la police soit alertée, pour tenter de mettre un peu de clarté dans ce charivari. David quittait les lieux et revenait peu après « chercher Alexandre. Si j’avais fait quelque chose de mal je ne serais pas revenu. Ils se sont mis d’accord pendant que j’étais parti », continue-t-il à affirmer, sans pouvoir expliquer le but de cette « complicité » pour le moins machiavélique et incompréhensible. Le verdict sera rendu dans la journée.

(*) Le prénom de la victime est délibérément modifié pour préserver son anonymat.

le 17/10/2012 à 05:00 Pascal Busy

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