Danjoutin Trafic d’armes de guerre : sur la piste corse
Des explosifs en grande quantité : la prise effectuée samedi était de tout premier ordre. DR
L’arrestation de deux suspects – l’homme qui louait le garage de la rue Leclerc à Danjoutin, cache d’armes de grande envergue, et un de ses « clients »- conduit les enquêteurs sur la piste corse.
L’affaire Mohamed Merah résume à elle seule le type d’armes de guerre en circulation sur le marché noir. Elle prouve aussi que les armes conventionnelles s’effacent au profit d’armes plus meurtrières. Pour lutter contre leur trafic, différents services de police, de la direction centrale de la police judiciaire à l’office central de lutte contre la criminalité organisée, ont uni leurs efforts et travaillent en étroite collaboration avec des services de renseignement intérieur. Leur collaboration a permis de petites saisies d’armes.
Des sources proches de l’enquête affirment qu’elle a coupé, samedi à Danjoutin, l’une des principales sources d’approvisionnement des milieux parisiens et corses. Sa genèse remonte à plusieurs mois. Lorsque les enquêteurs identifient et surveillent le grossiste en armes du Territoire de Belfort (nos précédentes éditions). Il se présente comme un collectionneur passionné et un modéliste. Mais les enquêteurs savent qu’il est capable d’usiner des pièces permettant de remilitariser des armes neutralisées. Il s’est aussi spécialisé dans la fabrication de silencieux. Autre détail intéressant, celui que les enquêteurs décrivent comme un gros bonnet d’un trafic d’armes de guerre et du grand banditisme que connaissent déjà les services de police parisienne, se fournit dans les Pays de l’Est en armes qu’il revend. Or justement, le fournisseur attend un gros client, samedi. Celui-ci est un quadragénaire corse de la région de Calvi.
En région parisienne également
Déjà connu lui aussi, il est apparu, par le passé, dans l’entourage de François Santoni et de son groupuscule Armata Corsa. Selon nos confrères de Corse matin, il vient au domicile du fournisseur en Franche-Comté pour faire son marché pour revendre à ses propres clients. Il a été pris en flagrant délit, alors qu’il repartait avec une voiture contenant cinq à six kalachnikov et des armes de poings. Il a été transféré dans les locaux de la DCPJ à Paris.
L’interpellation du fournisseur conduit à la perquisition de sa cache dans la rue Leclerc. Une source proche de l’enquête confirme que la saisie de douze à vingt kalachnikov, de lance-roquettes, de lance-grenades, de fusils, d’armes de poing, de centaines de chargeurs de mitraillette, des milliers de munitions, des explosifs en grande quantité, des récipients de nitroglycérine, est l’une des plus importantes de l’année. Il devrait être présenté à un juge d’instruction dans les prochaines heures pour sa mise en examen.
L’arrestation de ces deux suspects coïncide avec une série d’opérations menée en Corse et en région parisienne, sans que l’on en connaisse le résultat. Dans leur droite ligne, de nouvelles perquisitions ont été menées dans le Pays de Montbéliard, hier matin, chez des proches du suspect belfortain. Les enquêteurs voulaient s’assurer qu’il ne possédait pas d’autres caches d’armes. Leurs opérations ont été beaucoup discrètes que la perquisition du garage de la rue Leclerc.
On se souvient que police et pompiers ont géré avec la préfecture et la commune de Danjoutin l’évacuation de vingt-cinq personnes et ont dévié la circulation lorsqu’il a fallu enlever une quantité impressionnante de nitroglycérine qualité de hautement dangereuse par le service de déminage. Elle a été détruite dans sur un terrain militaire à Offemont.








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