Justice L’artisan belfortain a accumulé les délits routiers : neuf mois de prison
L'alcool au volant est un fléau mortel (D.R.)
La petite quarantaine, ce père de trois enfants, un artisan belfortain, auto entrepreneur en chauffage, est amené dans le box entre deux policiers. Pas très fier.
Ce n’est pourtant pas la première fois qu’il comparaît devant le tribunal correctionnel de Belfort, puisqu’il aligne six condamnations à son casier judiciaire. Quatre pour conduite sous l’emprise de l’alcool, délit pour lequel il devait s’expliquer à nouveau ce mardi.
Le tribunal s’interroge. » Autant de condamnations et ça ne vous a pas fait réfléchir ? », lui demande le président Edgar Pallières. « Oui, j’ai été condamné, mais jamais à de la prison ferme », lui répond le prévenu. « Là, depuis que j’y suis, ça m’a calmé. J’ai beaucoup réfléchi. J’avais eu des soins par mon médecin traitant, mais je veux maintenant suivre un vrai traitement, avec des médicaments ». Il en faudra plus pour convaincre le tribunal.
Les faits
Dans la nuit du 21 septembre dernier, à 1 h 30, rue de Bordeaux à Belfort, une patrouille de police assiste à la manœuvre d’un Boxer blanc qui, dans un premier temps, roule à gauche de la chaussée, ne marque pas le stop, monte sur le trottoir, puis qui effectue une marche arrière pour se placer dans le bon sens de marche.
Interpellé, le conducteur montre les signes caractéristiques de l’ivresse, tient des propos incohérents, avoue que son permis a été annulé et qu’il n’a pas effectué le contrôle technique.
La totale ? Pas vraiment. Transporté au commissariat son taux d’alcoolémie frôle l’exploit olympique (2,5 g/l), («cinq fois la limite autorisée par la loi pénale », fait remarquer le procureur de la République). De plus, l’assurance est à un autre nom et la carte grise à celui de la vendeuse du véhicule.
« Si vous aviez eu un accident, l’assurance n’aurait pas marché parce qu’il y a eu fausse déclaration », lui glisse le président. « Mais peut-être que vous vous disiez que comme ça vous ne seriez pas inquiété ? ». Vives dénégations du prévenu.
« Le respect du code de la route n’est pas le souci premier de ce monsieur», a martelé le procureur. « Et il est d’autant moins excusable qu’il a déjà été averti. Il se moque de la justice. Faudra-t-il qu’il tue pour qu’il se rende compte de la dangerosité de son comportement ? ».
Si Me Amelie Baumont a rappelé que son client n’était pas habitué à conduire sans permis, qu’il se faisait amener au travail par un collègue et qu’il était résolu à se soigner sérieusement, le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet en condamnant David Lebel à 9 mois de prison dont 3 mois avec sursis et à la confiscation du véhicule. Et à la révocation totale du précédent sursis de 3 mois. Il est parti libre du tribunal.








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