Le carrefour des routiers européens
Sebastian, routier polonais et ses deux compatriotes, ne pourront reprendre la route qu’aujourd’hui à partir de 22 h. Photo Patricia Louis
Des dizaines de poids-lourds alignés sur le vaste parking de l’aire d’Écot. Et les routiers de l’est et du nord de l’Europe tuent le temps comme ils peuvent. En ces week-ends de vacances estivales particulièrement chargées, les restrictions de circulation sont renforcées. Ils ne peuvent circuler le samedi de 9 h à 19 h et le dimanche de 0 h à 22 h.
Sebastian est originaire de la région de Gdansk, en Pologne, et travaille pour un transporteur allemand. L’Europe des routiers a rendez-vous sur cette aire. Le Polonais y croise des compatriotes, mais aussi des Portugais, des Espagnols. On fraternise, souvent en anglais et, parfois on utilise la langue universelle des mains.
Sebastian se rend à Barcelone pour livrer des produits pour la maison. Il s’arrête régulièrement à Écot. « J’aime bien dormir ici, car cette zone n’est pas dangereuse car il y a des gendarmes pas loin. Je me suis arrêté quelques fois à Dole mais j’ai eu des gros problèmes. On a vidé le réservoir de mon camion. Il ne faut pas que cela arrive trop souvent car mon boss pourrait me renvoyer ».
La vie de ce bout de territoire de bitume s’organise d’une table en bois où ils se relaient aux heures des repas quand ils ne veulent pas manger dans la cabine. Ou entre deux poids-lourds. « Moi, je mange des plats préparés par ma famille et parfois, j’achète du pain à la boutique ». Mais Sebastian et ses collègues voudraient surtout acheter de la bière qu’ils ne trouvent pas dans les rayons. « Ils ne vendent que du vin » jure-t-il. Il rêve également d’aller en discothèque mais ne peut le faire à cause de l’interdiction de circuler.








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