Audincourt Légionellose : deux cas en deux lieux de la ville
Le réseau d’eau chaude des 700 logements du quartier des Champs-Montants a fait l’objet d’analyses par mesure de précaution. Photo José Gonzalvez
Une octogénaire, décédée entre-temps, et un homme d’une cinquantaine d’années, toujours hospitalisé, ont contracté récemment la légionellose, dans des circonstances difficiles à établir. Ils résident à Audincourt en deux lieux bien distincts. La Ville a pris toutes les mesures de précaution.
Coup sur coup, les 11 et 23 octobre, deux habitants d’Audincourt, résidant dans deux endroits différents de la ville, ont contracté la légionellose, maladie infectieuse grave provoquée par inhalation de la bactérie responsable : la légionelle.
La première victime, une dame âgée de 80 ans, habitant dans un immeuble collectif de la rue des Champs-de-l’Essart, dans le quartier HLM des Champs-Montants, est décédée entre-temps d’un arrêt cardiaque. Il n’est pas certain que la mort soit la conséquence de son infection par la légionelle, mais il est certain que la maladie a trouvé un terrain fragile pour s’établir et aggraver l’état de santé de la patiente, décédée vers le 15 octobre.
Le second patient occupe un logement dans la rue du Montanot, dans un secteur géographique bien séparé des Champs-Montants. « Il est peu probable que les deux victimes aient pu avoir un contact entre elles », assure Hélène Chavey, directrice du cabinet du sénateur-maire d’Audincourt, Martial Bourquin. De plus, ce malade actuellement hospitalisé, est un employé des serres municipales. Il effectuait un stage en Haute-Marne à l’époque où il a été contaminé, dans les dix jours précédant la déclaration de la maladie « dont les symptômes apparaissent entre deux et dix jours après exposition à l’eau contaminée par les bactéries », précise l’ARS (Agence régionale de la santé). La contamination se fait uniquement par voie respiratoire, en inhalant des gouttelettes d’eau contenant la bactérie et diffusées par aérosol (douches, bains bouillonnants, systèmes d’air conditionné, tours aéro-réfrigérantes).
La maladie se traduit par un état grippal avec de la fièvre importante et de la toux, pouvant s’accompagner éventuellement d’autres signes : difficultés respiratoires, douleurs musculaires, perte d’appétit.
Principe de précaution
Dès que l’ARS a alerté sur ces deux cas, tant la Ville d’Audincourt que Néolia, principal logeur social des Champs-Montants, où il gère un parc de 700 logements répartis dans une quinzaine d’immeubles, ont appliqué toutes les mesures sanitaires inscrites dans le principe de précaution.
Les réseaux d’eau chaude étant les premiers suspects, des prélèvements ont été immédiatement réalisés, suivis d’analyses.
« Dans l’immeuble de la rue des Champs-de-l’Essart où résidait la dame décédée, les premiers résultats confirment la présence de légionelles. Sans attendre les résultats définitifs, nous avons coupé l’eau chaude et alerté les locataires, dans un premier temps, puis traité le réseau d’eau chaude de cet immeuble de façon chimique, par injection d’une solution chlorée. Puis nous avons changé toutes les douchettes, les flexibles, les pommettes de douche. Enfin, toujours par mesure de précaution, nous avons entrepris des analyses dans tous les réseaux et toutes les sous-stations de production d’eau chaude de ce quartier », détaille Simon Spada, responsable de l’agence Néolia de Montbéliard.
De son côté, la Ville d’Audincourt a fait réaliser des analyses dans les vestiaires communaux après avoir eu la confirmation que le réseau d’eau de l’immeuble où réside son employé n’est pas en cause.
D’une manière générale, l’identification d’un foyer précis de légionelles reste très difficile à établir. Sachant que la bactérie prolifère dans les milieux aquatiques chauds, mais qu’elle meurt à une température de 70°et plus, il est recommandé de veiller à l’état sanitaire correct des installations, en vérifiant que la température est égale ou supérieure à 55°en sortie de production et à 50° au moins aux points d’usage, au robinet par exemple, conseille l’ARS, qui préconise de procéder à une purge du système après toute absence prolongée.
Chaque année, l’ARS recense près de 70 cas de légionellose en Franche-Comté.








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