Montbéliard L’héroïnomane qui fuyait les policiers à VTT en prison
De l’héroïne. Photo Jean-François Frey
Après une poursuite épique en… VTT, les policiers ont arrêté la semaine dernière un Audincourtois qui, dans sa course, semait des sachets d’héroïne ! Hier matin, il faisait l’objet d’une comparution immédiate au tribunal de Montbéliard.
Mercredi dernier, en plein après-midi, Mansour Kamel, un Audincourtois de 31 ans, a tenté d’échapper, d’une manière fort peu conventionnelle, aux policiers venus le contrôler dans un salon de thé. À la vue des forces de l’ordre, il a en effet enfourché son VTT pour pédaler à très vive allure dans les rues d’Audincourt. Et pour cause, lorsque le cycliste pressé a été rattrapé après avoir jeté son deux-roues sur l’un de ses poursuivants, ce sont des petits sachets d’héroïne qui étaient retrouvés, fraîchement tombés de son entrejambes… Alors que l’individu était placé en garde-à-vue, une balance de précision et deux gros cailloux d’héroïne tombaient dans l’escarcelle des policiers, lors d’une perquisition au domicile de l’Audincourtois, père de deux enfants, détenteur au total de… 330 grammes d’« héro ».
Hier, à la barre du tribunal, face au président Alain Troilo, l’homme a avoué « consommer depuis une dizaine d’années. J’en sniffe trois à six grammes par jour depuis mi-août ». Quant à l’importante quantité de drogue retrouvée sur et chez lui, il l’aurait achetée à Strasbourg, pour 2000 euros, « à un inconnu » difficile à identifier puisque lors de son interpellation, il a détruit la puce de son téléphone mobile « sur un coup de panique ». Ce qui fait dire au président du tribunal, qu’il possède « le profil du parfait dealer. Vous pensez que c’est un exemple pour votre fille de sept mois ? Car avec 330 grammes… À moins de se faire des rails de chemin de fer… ». « Je dépanne une bande copains, c’est tout », consent le prévenu.
Pour la vice-procureur, Tiffany Gamain : « L’héroïne génère de grands profits. La drogue retrouvée chez monsieur Kamel est estimée à 13200 euros à la revente ». Évoquant « un vrai problème de santé publique », la magistrate a réclamé 18 mois de prison dont six avec sursis et une obligation de soins.
Pour l’avocate du prévenu, Me Rouzet : « la comparution immédiate n’est pas adaptée à un dossier aussi grave. Il y a les 330 g de drogue, c’est sûr, mais pour le reste, il y a trop de suppositions. On ne trouve pas le moindre client, son nom n’apparaît dans aucun autre dossier de stup… C’est un « grand méchant » car il a cassé la puce de son téléphone ? Il n’a pas l’attitude d’un gros dealer, sinon, il n’aurait pas fait « Midnight Express » au moment de montrer sa carte d’identité aux policiers. Un an de prison ferme, c’est très lourd ».
18 mois dont six avec sursis, c’est pourtant le tarif dont écopera Mansour Kamel qui est retourné directement en cellule après l’audience.








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