Besançon Coke en stock : deux ans de prison ferme
©AFP/Archives / Ernesto Benavides - De la cocaïne
Pris en chasse par une patrouille de police, il s’était débarrassé d’un ballot contenant près d’un kilo de cocaïne. Le trafiquant a écopé lundi de deux ans de prison ferme alors qu’un complice présumé est relaxé.
Ils ont 19 et 21 ans et demeurent tous deux dans le quartier sensible des 408 à Besançon. Mardi 4 septembre, le soir, Marc, le plus jeune, est aperçu et formellement identifié dans ce secteur par les fonctionnaires de la brigade anticriminalité (Bac) au volant d’une 207 noire qui roule trop vite. Mais à la vue du gyrophare, il accélère pied au plancher au lieu de s’arrêter.
Quelques centaines de mètres plus loin, les policiers ont tout juste le temps de le voir remettre un paquet à son passager qui détale à pied. Poursuivi, ce dernier se débarrasse de son paquet et parvient à s’enfuir. Le contenu du sac donne l’explication de leur empressement à décamper : 916 grammes de cocaïne très pure dont une partie est conditionnée en petits sachets pour la revente. Prix estimé sur le marché de détail : « 56 000 euros », selon le procureur Saffar.
Le conducteur de la voiture a lui aussi réussi à semer ses poursuivants. Mais moins d’une heure plus tard les enquêteurs qui sont restés en planque le voient réapparaître dans une Audi conduite par Igor, un ami du quartier. En quête évidemment du trésor perdu.
Placés en garde à vue, ils assurent dans un premier temps être totalement étrangers à ce trafic de stupéfiants. Ils ont d’ailleurs passé la soirée dans un kebab, ensemble. Ce que le restaurateur ne confirme pas. Il les a bien vus mais séparément. De plus la 207 est découverte dans la nuit avec des traces de cocaïne à l’intérieur et divers papiers portant le nom de Marc.
« C’est mon ami, j’ai dit que j’étais avec lui pour qu’il n’ait pas de problème », explique Igor qui se retrouve lui aussi dans la mouise. Un garçon surprenant, natif de Géorgie et arrivé à Besançon à 16 ans, qui parle un français sans accent, a décroché un CAP et vient de rater son bac pro qu’il compte bien réussir. De retour en catastrophe dans la cité, Marc lui aurait demandé de l’accompagner, avec la voiture de son père, sur les lieux où la drogue a été jetée. Mais il « ne savait rien de ce trafic », assure-t-il.
L’autre admet cette version et explique qu’il devait seulement transporter le paquet contre 500 € sur un parking du centre commercial de Chateaufarine. Un « benêt » et une « mule » en quelque sorte.
Le procureur Saffar n’y croit pas une seconde. Pour lui les deux jeunes sont les auteurs de ce « trafic inter-cités d’envergure ». Ils étaient ensemble ce soir-là. On a d’ailleurs retrouvé 2700 € chez l’un, plus de 250 € dans la poche de l’autre. « Des grosses sommes pour des jeunes qui n’ont pas de revenus » Le magistrat qui fustige « l’économie souterraine » requiert trois ans de prison contre les deux prévenus et l’interdiction de séjour, dans le Doubs pour l’un, en France pour l’autre afin de « couper le cordon, de les extirper du milieu délétère de leur cité ».
M e Christophe Bernard qui les défend tous les deux s’insurge au préalable contre les conditions de la garde à vue, « plus de quatre-vingts heures, sans pouvoir faire de toilette, sans changer de vêtement et pour manger, des gâteaux à la date périmée ! » Marc est un simple « chauffeur ». Il plaide la clémence. Quant aux éléments à charge contre Igor, « il n’y a rien. Aucun indice dans la 207 qui permettrait de le mettre en cause, rien dans la perquisition chez lui. L’argent découvert appartient à sa mère. L’examen des téléphones n’a rien donné. » Les juges l’entendent et optent pour la relaxe tout en infligeant deux ans ferme et cinq ans d’interdiction de séjour dans le Doubs à l’autre prévenu.








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