Centenaire de Sochaux 100 ans de luttes sociales et ce n’est sans doute pas fini
Un débat particulièrement riche s’est instauré hier sur cent ans de luttes sociales dans le pays de Montbéliard et dans les usines de Sochaux de PSA Peugeot-Citroën. Photo Jacques Balthazard
Sous un soleil radieux, qui a réchauffé les os, plus encore les cœurs, la CGT a fêté hier le centenaire des usines de Sochaux, en exprimant une fois encore sa détermination à s’opposer aux suppressions d’emploi et à la fermeture du site d’Aulnay chez PSA Peugeot-Citroën.
On dit du passé qu’il permet d’éclairer le présent, et dans une certaine mesure, de prévoir le futur. Ces trois dimensions ont été omniprésentes hier lors de cette journée organisée par la CGT de Sochaux, sous le signe de la fraternité, la solidarité, mais aussi de la détermination.
Les deux débats organisés hier sur le site de la filature Japy à Audincourt ont permis de rappeler que le mouvement ouvrier a, en un siècle de luttes sociales, traversé des périodes aussi troubles, voire même plus dramatiques encore que la crise actuelle à laquelle le monde salarial et syndical se trouve confronté.
Ce que les historiens ont mis en évidence, c’est que chaque fois que les salariés se sont mis en mouvement, que ce soit en 1917, en 1936, en 1968, en 1981 ou en 1989, des avancées non négligeables ont été obtenues.
Le message passé par Stéphane Beaud, sociologue, dont l’ouvrage cosigné avec Michel Pialoux « Retour sur la condition ouvrière » vient d’être réédité, a permis de mettre les choses en perspectives.
Le sociologue a fait observer que, lors de la sortie dans les années 2000 de cet ouvrage, beaucoup de commentaires ont tourné autour de « la disparition de la classe ouvrière ». Ils étaient pourtant 6 millions d’ouvriers à l’époque de la publication de cette étude réalisée sur la base de longues observations faites sur le site même de Sochaux. Aujourd’hui, il y a toujours 6 millions d’ouvriers en France.
Il n’en demeure pas moins que certaines lignes ont bougé parmi lesquelles celle de « la fracture générationnelle », avec en corollaire une accentuation phénoménale de la précarité dont sont victimes principalement les jeunes.
Mais contrairement à l’idée reçue que ces jeunes sont à la fois asociaux et inemployables, Stéphane Beaud affirme que les exemples ne manquent pas où, au contraire, ils s’associent aussi à des démarches collectives et finissent par entrer avec leurs modes d’actions propres dans les traces de leurs aînés.
« Ce qu’il faut – a conclu Stéphane Beaud – c’est plus d’initiatives croisées » entre jeunes, moins jeunes, ouvriers « établis » ou non et précaires pour ne pas céder à la résignation et demeurer la tête haute.








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