Solemont Crash : l’épave de l’avion devrait être reconstituée
Les derniers débris de l’avion Pilatus PC-12 qui s’est écrasé vendredi à Solemont ont été ramassés, hier. Une reconstitution permettra d’en savoir plus sur les circonstances de ce crash. Photo Lionel Vadam
Hier, dans les bois de Solemont, les enquêteurs ont terminé de récupérer les derniers débris de l’épave de l’avion qui s’est écrasé, vendredi dernier, faisant quatre victimes.
« Tous les morceaux de l’avion accidenté seront transportés de manière efficace et discrète par les gendarmes dans un hangar, un endroit tenu secret, pour éviter que les curieux ne défilent », expliquait, hier en fin d’après-midi, le vice-procureur de Montbéliard, Lionel Pascal. La justice a décidé le black-out, mais il semble que ce soit dans le département de la Haute-Saône que devrait avoir lieu la reconstitution de ce puzzle géant, permettant de déterminer les causes de cette catastrophe sans précédent dans le secteur du Lomont.
Le but pour les enquêteurs sera alors de comprendre pourquoi, à 8000 m d’altitude, l’aile droite, retrouvée aux Terres-de-Chaux, ainsi qu’une ailette récupérée à Pierrefontaine-lès-Blamont (à 10 km du lieu du crash) se sont détachées de la carlingue, provoquant sa chute et sa désintégration. « À cette hauteur, des témoins n’ont donc pas pu voir la foudre s’abattre sur l’avion comment j’ai pu l’entendre », estimait, hier, le capitaine Philippe Carme de la compagnie de gendarmerie de Montbéliard.
Reste maintenant à savoir quel rôle a pu avoir le violent orage constaté vendredi. « Nous allons enquêter là-dessus, notamment en nous rapprochant des services de Météo-France », ajoute le capitaine de gendarmerie. « Un orage est un phénomène très violent. J’ai déjà vu des avions de ligne dont la carlingue s’est retrouvée pas mal cabossée à cause de la grêle », révèle pour sa part Bruno Vermot-Desroches, délégué départemental de Météo France à Besançon. Mais rappelons que, malgré des conditions climatiques exécrables ce jour-là, le pilote, décédé dans le crash avec ses trois passagers (lire notre édition d’hier), était hautement confirmé. Instructeur de vol et directeur de l’aérodrome de Saanen en Suisse, Ueli Rösti, 57 ans, possédait trois avions et deux hélicoptères et était habitué à se poser dans des conditions extrêmes. Sur des glaciers, par exemple.
Des responsables de Pilatus, la société helvète qui fabrique cet avion d’affaires, étaient présents ces derniers jours auprès des enquêteurs français pour apporter leur aide technique et tenter de comprendre, eux aussi, comment a pu se produire un tel accident. L’entreprise est en effet considérée, chez nos voisins mais à l’échelle mondiale également, comme un fleuron de l’aviation. Le mois dernier, après l’Inde et l’Arabie Saoudite, le Qatar a en effet passé commande de 24 avions militaires, des turbopropulseurs biplaces, pour un montant de 600 millions de francs suisses.
Hier chez Pilatus, à Stans en Suisse, on ne se risquait en revanche à aucun commentaire sur les constatations qu’ont pu rapporter leurs émissaires envoyés à Solemont.








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