FC Sochaux Et maintenant, la poisse !
Yartey et le FC Sochaux ont connu la défaite hier soir à Reims à la 93e minute. De quoi aviver bien des regrets.Photo Christian Lemontey
Après la négligence, la transparence, les Sochaliens ont connu, hier soir à Reims (1-0), le pire des sentiments en étant poignardés, au bout des arrêts de jeu, sur un coup franc qui a mis à terre une équipe qui s’était vaillamment battue à dix, pendant près d’une heure.
Ils sont restés quelques instants hagards, le regard dans le vide, à se demander comment pareille déveine avait pu leur arriver. Hier, contrairement à ses deux premières sorties peu flatteuses, Sochaux méritait tout, sauf cette terrible baffe, dont il va bien falloir se remettre. « Au-delà de la déception de la défaite, je suis peiné pour les joueurs. Car je ne peux rien leur reprocher ». Eric Hély, lui aussi, a bien eu du mal à avaler cette fatale amertume.
Lui, comme bien d’autre, gardera en tête ce dernier coup franc décisif (lire par ailleurs). Les supporters rémois s’étaient déjà préparés à raccompagner leur équipe avec une bonne bronca des familles. Leur rage a juste viré de bord.
Dans cette terrible fraction de secondes pour un Sochaux longtemps irréprochable dans l’état d’esprit. De bout en bout. « C’est le match le plus cohérent » confirme le coach sochalien, également confronté à la réalité du classement, et cette place de lanterne rouge. « Cette place, avec son effectif, le FCSM ne la mérite pas » insistait un Contout touché.
Un profil d’abord séduisant
Sochaux avait en effet mis tous les ingrédients pour cela. De la moelle, mais aussi, cette fois, l’inspiration préalable qui va avec.
Ce visage séduisant, les Doubistes l’ont par exemple affiché dans un premier quart d’heure où Reims eut vite fait de comprendre que le FCSM avait un pouvoir de nuisance non négligeable en contre. Ce matin encore, on aurait pu s’en persuader, si l’on repense à cette action qui avait totalement pu être prévisible, avec cette nouvelle mouture au niveau de la composition de départ.
L’arrivée côté droit de Contout, qui apportera, s’était déjà ressentie sur ce ballon de contre à l’adresse de Bakambu, à l’aise dans la profondeur, mais à qui il manqua juste la finition, comme son pote Boudebouz (6e).
La tendance avait beau être appréciable, ou rassurante si l’on se place dans la perspective des derniers matches, elle ne dura pas. En fait, elle ne put durer.
D’abord parce que l’enthousiasme rémois, à la base canalisé par une rigueur franc-comtoise accrue (ce n’est par exemple pas un hasard, si l’on vit Yartey, généreux dans l’effort, souvent épauler Corchia, pour tenter de refroidir la bouillotte Fortes), éclatait de plus en plus.
Tous les plans sochaliens, bien pensés, tombaient inévitablement à l’eau sur cette fameuse action de la 35e minute. Même si ce ne fut pas la plus frappante, même si elle s’était conclue par un coup du sort malheureux synonyme d’expulsion pour Corchia, elle était, quand même, venue rappeler, de façon abrupte, le trop peu de certitudes dont Sochaux dispose défensivement (excepté pour un très bon Kanté).
Une vraie résistance à dix
Mais la galère n’était justement pas venue de ce moment charnière. C’est en effet quand Reims s’était apprêté à faire péter le bouchon qu’on avait imaginé les Sochaliens enfin goûter à quelques effluves de bonheur. Ils l’auraient alors dû à Cros, qui s’était superbement détendu sur le penalty de Ghilas (38e).
Le portier sochalien venait alors de reléguer au second plan quelques interventions qui accouchèrent de grosses sueurs froides.
Ces mêmes sueurs qui prirent peu à peu le temps de sécher dans un Delaune qui comprit, avec amertume, que ses protégés, vaincus par la traditionnelle paralysie de l’équipe en supériorité numérique qui doit forcer le verrou à domicile, seraient incapables de prendre à revers un bloc sochalien impeccablement tissé dans un 4-4-1, y compris avec les improbables Carlao et Banana sur les côtés.
Hormis un semblant d’occasion pour Courtet (68e). C’est ce qu’on avait cru, jusqu’au bout. Car Sochaux n’avait rien laissé, pas même une miette à ces Rémois qui avaient simplement eu droit à un heureux coup de pouce du destin dans les dernières secondes.
Le scénario inverse, pour eux, du dernier match à Bastia. « Le foot est comme ça » a simplement consenti Eric Hély.
Il faudrait juste qu’il tourne un peu plus rond, aussi du côté de Sochaux.
* * *
Fait du match : un but improbable !
Alors que les arrêts de jeu sont entamés depuis deux minutes,
un dernier coup franc est logiquement sifflé pour Reims, sur le
flanc droit. Il est né d’une faute un peu désespérée de Carlao
qui, comme Banana, s’était battu pour compenser des lacunes
de placement assez évidentes pour ces postes inhabituels.
Épiphénomène à côté de la conclusion du coup franc, frappé
par Ramare, passé dans une forêt de jambes, et à peine touché
par Privat, à la lutte avec Krychowiak (1-0, 90e+3).








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