Nature Un chien attaqué par un lynx dans une forêt du haut Doubs

le 24/08/2012 à 05:00 David Aubry
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Dominique Cuche et son chien Vika ne sont pas près d’oublier leur sortie dans les bois de Plaimbois-du Miroir.  Photo David Aubry

Dominique Cuche et son chien Vika ne sont pas près d’oublier leur sortie dans les bois de Plaimbois-du Miroir.  Photo David Aubry

Chasseur et adepte de la cueillette des champignons, Dominique Cuche, un habitant de Bonnétage, dans le haut Doubs, se souviendra longtemps d’une de ses dernières sorties en forêt. Et son chien Vika aussi.

La météo des dernières semaines a favorisé l’éclosion des champignons dans les bois et sous-bois. En bon connaisseur de la nature, Dominique Cuche le sait bien. Aussi décide-t-il de partir se promener à Plaimbois-du-Miroir, village proche de chez lui, dans le haut Doubs, pour une bonne balade et espère-t-il une belle cueillette.

Il prend avec lui son chien, un dratar de 8 ans, Vika. Comme à son habitude, Dominique lâche son chien en arrivant en forêt et celui-ci marche quelques dizaines de mètres devant lui.

Très vite, Vika aperçoit un « petit chat » au pied d’un arbre. Le maître l’a vu lui aussi : « J’ai pensé à un chat sauvage comme il y en a beaucoup par ici », explique-t-il.

Le « bébé chat » fuit et se réfugie dans un arbre. Immédiatement apparaît la maman, qui n’est autre qu’une belle femelle lynx.

« C’est la réaction normale d’une mère qui a voulu protéger son petit, poursuit Dominique Cuche. Le lynx a griffé mon chien à la cuisse. J’ai aussitôt récupéré Vika pour la remettre dans la voiture et je suis retourné voir vers l’arbre en question. La maman lynx était toujours là, comme postée pour monter la garde. Elle m’a observé sans bouger ».

Chasseur depuis près de trente ans, Dominique n’avait jusqu’alors jamais vu de lynx et ne retire aucune haine pour l’animal après cet épisode. Loin de vouloir entamer une quelconque polémique, il se prépare désormais pour l’ouverture de la chasse où il sera accompagné de la fidèle Vika, en espérant ne pas y faire de mauvaises rencontres.

Le lynx était naturellement présent dans nos forêts jusque dans les années 50, y compris en plaine. Puis il a été exterminé par l’homme qui voyait en lui un concurrent en tant que prédateur de gibier. Ici et là, il restait quelques individus, en Suisse en particulier. De nouveaux lâchers ont alors eu lieu dans les années 70 chez nos voisins helvètes, mais les lynx n’ont pas vu les bornes frontières.

De fait, l’animal s’est aussi réinstallé sur le territoire français. Protégé par la loi sur la protection de la nature de 1976, le lynx a lentement repris la place qui était la sienne dans nos forêts, redevenant une espèce viable.

Tout le monde sait donc parfaitement que ce « gros chat » de 70 cm au garrot pour une vingtaine de kilos est bien présent dans notre environnement. Il y a aujourd’hui une trentaine d’individus identifiés dans le Doubs. Le lynx vit et donc se nourrit sur un territoire précis.

Une femelle, par exemple, a besoin de 15 000 hectares, soit environ le périmètre de quinze communes. Le mâle, quant à lui, évolue sur un secteur deux fois plus important et chapeaute donc deux zones occupées par des femelles. Au final, sur 30 000 hectares, on a deux femelles et un mâle. Et chacun va prélever cinquante à soixante chevreuils ou chamois dans l’année.

le 24/08/2012 à 05:00 David Aubry

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