L’intense douleur des familles des trois victimes
Le drame de Pomoy laisse trois familles dans la douleur à Valentigney et à Montbéliard.
« Fouad, c’était un garçon gentil, serviable, toujours prêt à aider les autres », tient à témoigner un de ses amis. Avec d’autres copains du quartier de la Petite-Hollande à Montbéliard, il est venu, hier matin, dès que la nouvelle du dramatique accident a été connue, présenter ses condoléances à Najet et Lazhar Guedri, les parents de Fouad.
Le petit groupe se tient sur le trottoir devant le numéro 17 de la rue Jules-Massenet où se déroule un va-et-vient incessant de proches de la famille, de parents, d’amis.
Un oncle de Fouad, Habib, fait profiter chacun de ses bons offices, soulageant les parents effondrés et occupés par les formalités d’usage. « Fouad sera inhumé vendredi à 11 h au carré musulman des Batteries-du-Parc », annonce Habib. Les deux frères et les trois sœurs de Fouad, les yeux rougis de larmes, viennent saluer le petit groupe.
« Fouad était le petit dernier. Il a grandi à Montbéliard. Il avait été au collège Brossolette puis au lycée Fernand-Léger, à Audincourt », précise sa sœur aînée. « Il venait de passer ses vacances au bled, en Tunisie », ajoute l’oncle. La douleur est sourde, palpable, mais chacun la contient, par pudeur. Même scène, même émotion à Valentigney, dans le quartier des Buis où a grandi Mohammed Kaou, 27 ans, qui conduisait la 306 Peugeot que lui avait prêtée son frère Noureddine. Mohammed travaillait dans une entreprise du bâtiment du pays de Montbéliard.
Un garçon généreux et serviable
« C’était un garçon généreux, serviable », tiennent à témoigner ses copains Mourad et Moncef. Dans l’appartement de la rue Jules-Émile-Zingg se presse un groupe de femmes venues réconforter la maman, Latifa, effondrée.
« Mohamed était l’aîné de la fratrie. C’est dur pour une mère de perdre son premier fils », sanglote une tante de Mohammed, précisant que son neveu était « un garçon très estimé dans le quartier ». Mohammed « toujours à l’écoute des autres », avait fréquenté l’école Donzelot puis le collège des Tales avant d’effectuer un apprentissage.
« Il adorait sa maman », rapporte un voisin. Depuis deux ou trois ans, il avait emménagé dans un petit appartement de la rue Jules-Pergaud, dans le quartier de La Montagne, à Étupes, mais il passait toujours beaucoup de temps aux Buis, son quartier qui le pleure aujourd’hui. « On a cherché partout, on n’a pas retrouvé de photo de lui », se désole Noureddine, son jeune frère.
Célia devait se marier en septembre
1, rue du Chêneau, à Montbéliard, le portail du coquet pavillon des parents de Célia est orné d’une sonnette portant cette inscription : « Mr et Mme Soual et leur fille ». Célia, 24 ans, leur fille unique allait fêter prochainement son 25 e anniversaire et célébrer son mariage avec Mohamed Kaou. « Ils avaient prévu de partir au Maroc, début septembre, puis de se marier à leur retour », raconte, effondrée, la maman. « Je ne réalise pas. Je fais toutes les démarches comme un automate ». Elle essuie ses yeux embués de larmes. Son mari hoche de la tête : « C’est triste, c’est comme ça. On n’y peut rien », lâche-t-il comme pour conjurer le cruel destin qui les frappe.
Amis et parents se pressent à la porte, viennent dire un mot de réconfort. Les embrassades sont chaleureuses. Après une scolarité secondaire dans un collège des Fontenelles puis au lycée des Huisselets, Célia avait préparé un BTS d’assistante de gestion au lycée Follereau, à Belfort, avant de décrocher un emploi de secrétaire médicale.
« C’était une jeune fille pleine de vie… », murmurent ses parents dans un souffle. Elle sera inhumée lundi après-midi, au cimetière de Montbéliard.








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