Équitation Justine, 15 ans, la cavalière qui surgit sur la scène internationale

le 11/08/2012 à 05:00 Françoise Jeanparis
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Itinéraire d’une jeune Montbéliardaise, nature, souriante et passionnée. Il y a fort à parier que le nom de Justine Bonnet résonne un jour prochain aux Jeux olympiques.  Photo Françoise Jeanparis

Itinéraire d’une jeune Montbéliardaise, nature, souriante et passionnée. Il y a fort à parier que le nom de Justine Bonnet résonne un jour prochain aux Jeux olympiques. Photo Françoise Jeanparis

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Début septembre, elle fera ses débuts sur la scène équestre internationale. Justine Bonnet a tout juste 15 ans. La jeune Montbéliardaise fait partie des six cavaliers sélectionnés pour composer l’équipe de France aux championnats d’Europe juniors de concours complet qui se disputeront en Pologne.

Comment la présenter ? Un mot vient immédiatement aux lèvres : pétillante. Au premier regard, on sent que cette adolescente est bien dans sa peau. « Elle est souriante, rigolote, rarement désagréable, très responsable », confie sa maman Sophie. Heureuse dans les choix qu’elle a faits. Pour et avec les chevaux. Des chevaux dix fois plus lourds que ce petit bout de gamine de 47 kilos avec lesquels elle ne forme plus qu’un en concours. Fusion totale de la cavalière et de sa monture, un binôme de choc qui se place sur les plus hautes marches des podiums. Justine Bonnet pourrait bien faire parler d’elle en jour prochain aux Jeux olympiques.

Cette ado à laquelle on s’attache vite, très vite, monte depuis l’âge de six ans. Avec des parents cavaliers, une maman monitrice diplômée d’équitation qui tient les rênes du centre équestre de Montenois, ça aide. Forcément. Avec Julius, « un tout petit poney », la gamine aux yeux noir jais fait ses premiers pas équestres dans les concours départementaux puis régionaux. « Enfant, lorsque mes parents participaient à des épreuves, ils m’emmenaient avec eux. Non pas en poussette mais sur un poney », se souvient-elle.

Le coq de l’équipe de France

Elle doit attendre de grappiller quelques centimètres au temps qui passe et ses 11 ans pour monter son premier cheval. Du même coup, elle passe du concours club à amateur. La demoiselle, à la casaque noire, et son cheval aussi noir, Newton d’Héricourt, caracolent désormais dans la cour des grands. Engagé sur le circuit des As juniors (les vingt meilleurs cavaliers français dans chaque catégorie, équivalent pro 1), le duo Justine-Newton s’est offert une première saison de concours remarquable. Avec deux ans d’avance. Seulement cadette première année, Justine est surclassée pour courir parmi les juniors (17 et 18 ans). Début avril, elle était en Italie pour la coupe des Nations (concours international junior). « Avec l’équipe de France. On m’a remis solennellement ma veste avec le coq cousu dessus. Une fois seulement qu’on monte avec l’équipe de France, on peut porter le coq », raconte-t-elle.

Le week-end dernier à Mourmelon, elle décrochait la première place à la plus importante épreuve amateur élite. « Toutes les catégories étaient mélangées. Je me sentais toute petite au milieu des grands seniors », rit-elle. Au classement permanent, elle joue la régularité. A la première place tout au long de l’année parmi 5500 cavaliers. « Elle est indétrônable », plaisantent ses copains de la tournée des As. Repérée par le sélectionneur national Pascal Forabosco, Justine Bonnet et son cheval Newton feront partie de l’équipe de France aux championnats d’Europe juniors de concours complet d’équitation (cross, dressage et sauts). Ça se passe du 6 au 9 décembre à Sprzgom en Pologne.

L’idole des cavaliers

Et l’école alors ? Depuis l’an dernier, Justine n’use plus ses fonds de culotte sur les bancs du collège. Les cours, c’est par correspondance. À la maison. « Avec de très bonnes notes qui me permettent de passer en seconde. » Son bonheur, il est en selle, pas en salle de classe, quand elle s’envole au-dessus des obstacles. On ne devient pas championne en claquant des doigts ou des sabots. Justine monte actuellement cinq chevaux (Newton, Ocar, Trevor…), s’entraîne cinq heures par jour, sillonne la France et l’étranger de fin février à novembre au gré des concours. Et à côté des écuries, des manèges et des épreuves ? Elle mène une vie d’adolescente avec des sorties ciné entre copains-copines, retape de vieux meubles, étudie, adore s’occuper des petits au club de Montenois, rêve d’un tête à tête avec l’Anglais William Foxpitt, numéro 1 mondial. Son idole.

Entre le centre équestre de Montenois (250 cavaliers dont 50 compétiteurs) et leur fille Justine, les époux Bonnet vivent « équitation » sept jours sur sept. Chaque week-end, la famille prend la route pour rejoindre les concours, en Bretagne ou dans les Landes. Ici et ailleurs. 20 000 km au compteur pour la seule tournée des As. « Une drôle de vie mais c’est la nôtre. Un peu nomade ! Notre camion est aménagé pour y dormir. D’autres compétiteurs et familles nous suivent en camping-car. Que du bonheur. »

le 11/08/2012 à 05:00 Françoise Jeanparis

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