FC Sochaux Les jalons sont posés…
Plein de fougue, et surtout pétri de qualités, le Ghanéen Ishmael Yartey pourrait bien devenir le nouveau chouchou de Bonal cette saison. Photo Jean Marc Loos
Après une préparation studieuse, un recrutement pour l’heure équilibré et ciblé, le FCSM, auteur d’un dernier match amical consistant, samedi en Allemagne contre Fribourg (1-1), a le profil du sérieux élève de Ligue 1. Il doit cependant encore le bonifier.
On attendait de voir. Et franchement, on n’a pas été déçu. Le Sochaux nouvelle mouture a ce petit truc positif, ce goût de reviens-y qui appelle, sinon à l’optimisme démesuré, à une impatience teintée de promesses. Malicieusement bâti sur les enseignements d’un dernier exercice pas loin d’être horrible, ce Sochaux-là ressemble d’entrée à quelque chose. Son devancier, il y a un an à la même époque, en était encore à se demander vers quel chemin impétueux il se dirigeait.
Cette année, les partenaires de David Sauget ont travaillé sereinement. Et leur âme a inévitablement fini par surgir. Au niveau collectif, on est bien sûr encore loin de l’angélisme, d’autant que la jurisprudence de la saison dernière encercle d’un rouge vif les dossiers Boudebouz et Perquis (lire par ailleurs). Mais sur le terrain, les tendances aperçues samedi contre Fribourg ont clairement rassuré. Prudent à l’heure des potentielles certitudes préopératoires, Eric Hély a quand même pu apprécier. « Des certitudes, j’en ai sur l’investissement des mecs. Ça, c’est très bien ». Au niveau de l’expression collective, l’entraîneur sochalien peut en effet être satisfait. Assez impressionnant dans son animation défensive, son pressing qui va cela dit lui demander une énergie colossale, le FCSM ressemble à ces premières touches d’une future toile réussie. De façon plus individualisée, cela pourrait donner les enseignements suivants :
Les gardiens
On le sait depuis la fin du printemps, l’héritage est extrêmement lourd pour Pierrick Cros. Puisque l’on ne remplace pas un Teddy Richert, le jeune portier sochalien va devoir lui succéder le plus dignement. Son potentiel, qui a déjà fait de lui un gardien d’avenir, reste à affiner. Samedi contre Fribourg, après deux parades décisives, il a été moins heureux sur la seule réalisation allemande. Mais la présence, dans ses parages, d’un Simon Pouplin, que rien n’interdit de voir également à l’œuvre, est un autre gage de sécurité.
En défense
C’est clairement le chantier de l’été, celui qui, du coup, a attiré regards et attention ces dernières semaines, et ce, en dépit de l’arrivée de nouveaux garçons offensifs qui génèrent normalement plus de curiosité. Eric Hély a donc opté pour un axe central Kanté-Poujol, lequel a longtemps paru très costaud contre Fribourg.
On a par exemple aimé cette sobriété, dans les quelques moments chauds. A-t-on trouvé là le ticket gagnant ? C’est encore à voir. « On doit encore beaucoup communiquer et bosser tactiquement. Sur la deuxième partie de la première mi-temps, il y a eu quelques manques » reconnaît Cédric Kanté. Loïc Poujol, qui a encore besoin de se rassurer, a par exemple un peu trop reculé pour anticiper les dangers d’une profondeur qu’il faudra surveiller, dès samedi contre Bastia. Entré pour la dernière demi-heure de jeu, Mathieu Peybernes a lui affiché un tranchant que la concurrence provoque logiquement. Propriété de Sébastien Corchia et David Sauget, le rendement des côtés est celui qu’on connaît. Quelques frayeurs manifestes, qui doivent appeler à la prudence (Caligiuri a par exemple inquiété Corchia samedi), mais aussi cet indéniable sérieux. Et puis, côté gauche, le capitaine David Sauget pourrait accueillir d’un très bon œil l’arrivée de Yartey. Surtout si le Ghanéen multiplie les efforts comme il l’a fait samedi (lire par ailleurs).
Le milieu
Tout comme l’axe central, il sera invariablement un baromètre. Bonne nouvelle pour le FCSM, les solutions ne manquent pas, avec les Carlao, Nogueira, mais aussi Banana, Poujol… Pour l’heure, l’infatigable duo Doubaï-Lopy a été choisi. Le mélange du feu et de la glace, qui pourrait mettre tout le monde d’accord. Joueur racé, Thierry Doubaï confirme de plus en plus l’investissement (5M€) que ses dirigeants ont consenti cet été. À seulement 24 ans, il pourra être un guide précieux pour Lopy, le jeune loup, talentueux, mais qui a besoin d’être canalisé. « On manque encore de maturité » soulignait samedi soir Eric Hély. Le constat est réel. Dans ce cas, la sobriété reste la solution idoine. Elle évite de parfois voir certains se griser.
Devant…
Si changement il doit avoir, c’est là que cela se situera. Un des rares clubs français actifs sur le marché, Sochaux a dynamisé son secteur offensif. En qualité intrinsèque, cela ne veut en rien dire que des garçons comme Martin ou Maïga ont été remplacés. Mais sur les côtés, la force de percussion de Contout et Yartey (Camara également), dont Sochaux ne bénéficiait clairement pas la saison dernière, pourrait faire un malheur.
Elle ne sera en plus pas seulement là pour faire joli. Avec ces nouveaux atouts, basés sur la profondeur, les caractéristiques ‘point de fixation’d’un Sloan Privat vont se retrouver bonifiées. Le Guyanais ne sera pas le seul. Bakambu, mais aussi Butin dès qu’il aura fini sa convalescence, attendent les prochains caviars.
***
Yartey, cette pépite à tailler
Quelques dribbles, une ou deux accélérations fulgurantes ont
suffi. Sur son banc, Eric Hély a prolongé le bonheur un peu plus
longtemps, en le faisant jouer une heure à Bahlingen. Assez
pour juger. Assez pour comprendre que sa dernière recrue peut
être une des révélations de la future Ligue 1. Certes, on ne
compte plus ceux qui ont été élevés, souvent maladroitement,
au rang des « potentiels ». Il n’empêche. Il y a quelque chose
chez le bonhomme, rempli de fraîcheur qui plus est. Dans un
anglais hésitant, il confiait tout sourire, samedi soir en
Allemagne, sa joie d’être dans le collectif sochalien. « Je ne
connaissais pas beaucoup Sochaux, mais ici, tout le monde fait
le maximum pour que je sois bien et en confiance ». Sans
forcément saisir l’excellente impression qu’il avait pu faire, le
néo-Sochalien poursuivait dans le même discours plaisant : « Je
peux faire beaucoup mieux ». On attend ça avec impatience,
Ishmael








pour ajouter le tag de la page à vos tags favoris.
effacer tout


Vos commentaires
Vous devez vous connecter pour poster un commentaire
Connectez-vous pour laisser un commentaire
Se connecter