Agriculture Le lait, la volaille et les œufs sont bio à la ferme de Rombois, dans le Doubs
Isabelle et David du Gaec Voireuchon. L’exploitation de Meslières a misé sur la conversion dans le bio et la diversification dans la volaille. Et ça marche fort. Photo Françoise Jeanparis
Conversion bio réussie au GAEC Voireuchon. L’exploitation de 140 hectares plantée à 560 mètres d’altitude à Meslières a misé sur la diversification. À côté du lait bio, David et Isabelle, frère et sœur associés au Gaec Voireuchon, se sont lancés dans la production de volaille. Comme 18 autres exploitations dans l’Aire urbaine, la ferme de Rombois ouvre ses portes au grand public le dimanche 5 août.
Dimanche, ça se passe à la ferme et nulle part ailleurs. Dégustation de bons yaourts crémeux à Bessoncourt, découverte de vieux métiers à Villers-sur-Saulnot. Du côté de Meslières (près de Montbéliard), pleins phares sur une exploitation qui a démarré sa conversion au bio à l’automne 2009. À l’époque, la société Lactalis recherchait du lait bio dans le secteur, visitait les exploitations. Isabelle et David ont décidé de se lancer. Trois ans plus tard, ils ne regrettent pas leur choix.
Dans les prairies temporaires (22 hectares), le mélange luzerne, trèfle violet et blanc, dactyle et ray-grass, implanté et récolté en enrubanné « assure un bon rendement ». Les prairies naturelles sont réservées au pâturage et à la récolte du foin. Parmi le cheptel de 120 bêtes, 60 vaches laitières de race prim’holstein, qui ont produit 316 000 litres de lait bio l’an dernier.
Poulets, pintades et dindons dodus
Le frère et la sœur, qui règnent sur cette ferme familiale où se succèdent les Voireuchon depuis près d’un siècle, ont ajouté une corde à leur arc agricole. Ils ont créé un atelier de diversification avec une production de volaille : poulets et poules pondeuses, pintades et dindons dodus qui passeront à la casserole au réveillon.
Trois poulaillers de 60 m² ont été construits. Ça caquette à tous les coins de l’exploitation. Ici les bébés poulets qui se réchauffent sous les lampes. Là, 300 poules qui fouillent l’herbe grasse et pondent environ 240 œufs chaque jour. On est à des années lumière des navrants élevages en batteries où les poulets engraissés peuvent tout juste agiter la crête. Si le destin des poules rousses est de pondre et celui des poulets, pintades et consorts à plumes de passer un jour à la cocotte, ils sont élevés à l’air libre dans des enclos verts selon un cahier des charges bio, en respectant l’horloge biologique du volatile « qui a besoin de huit heures de sommeil, de dix heures de lumière, précise David Voireuchon. Nous récupérons à un jour les poussins. Douze semaines plus tard, ils sont consommables. Nos poulets pourraient prétendre à un label rouge. » Le Gaec s’est encore développé en se dotant d’un laboratoire de découpe (abattage, chambres froides…) pour la volaille où est désormais salarié Laurent Sezynski, le mari d’Isabelle. À côté du labo, un magasin de vente directe ouvert le mercredi et le vendredi. Un investissement global de 70 000 €. « Nous sommes également présents sur tous les marchés de l’Aire urbaine avec volailles, œufs mais aussi nos légumes, pommes de terre, fruits de saison, lentillons, résume Isabelle. On ressent nettement un changement dans le comportement du consommateur, de plus en plus en plus vigilant au contenu de son assiette. Il est en quête de produits sains. »
Autour d’une cuisse de bœuf
Ce que le Gaec de Rombois offrira dimanche aux visiteurs avec, dès 10 h, l’ouverture de l’exploitation. On y trouvera un marché bio avec des producteurs régionaux (vin, bière, fromages de vache, chèvre ou brebis, légumes, volailles, jus de pomme de la Damassine…). On y verra une démonstration de trieur à céréales. Ou comment on sépare le seigle des lentilles cultivés en mélange sur l’exploitation. On pourra s’y restaurer autour d’une cuisse de bœuf cuite à la broche et de bons produits du terroir. « C’est notre première participation à un dimanche à la ferme. En même temps on fête notre atelier volailles qui est totalement opérationnel », conclut David Voireuchon, levé depuis 6 h pour la traite.







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