Santé Pour une réelle application du plan cancer
Le Dr Alain Monnier est le président du comité de Montbéliard de la ligue contre le cancer depuis plus de trente ans. Photo Samantha Moussirou
Lors de l’assemblée générale du comité de Montbéliard de la Ligue contre le cancer, le docteur Monnier, son président, a pointé des dysfonctionnements dans la prise en charge des malades. Le CHBM réplique.
« Agir, soutenir et aider sans relâche », là repose toute l’action de la Ligue pour venir à bout de ce problème de santé publique. Pour y parvenir, elle s’appuie sur la recherche « sa meilleure alliée contre la maladie ». En effet, grâce aux travaux des chercheurs, le nombre de cancers peut être revu à la baisse et les guérisons se multiplient. Au-delà du financement de la recherche, la Ligue s’évertue à assurer un accompagnement physique, psychique et social aux personnes atteintes afin de leur garantir un mieux-être. C’est dans cet élan d’humanité que rentre, par exemple, le financement d’un atelier « image de soi » dans lequel des soins esthétiques sont administrés aux patients. Des ateliers de relaxation et du sport, afin d’éviter des rechutes, sont également procurés aux personnes malades. De plus, la création des groupes de paroles est un projet qui germe dans l’esprit de la Ligue afin de créer un cadre d’échange et de partage.
La Ligue contre le cancer s’intéresse autant aux personnes malades qu’à celles bien portantes car n’importe qui, sans restriction d’âge, de sexe et d’origine, peut en être atteint. C’est pourquoi elle informe, prévient et dépiste autant que possible afin de limiter les dégâts, réduire les risques et améliorer les pronostics et les traitements. Brochures, dépistages mammaires et prostatiques, journées sans tabac entre autres, font partie de leur moyen de sensibilisation.
Médecins sac à dos
Et pourtant, malgré toute cette organisation de guerre contre le cancer, la Ligue déplore que le plan cancer ne soit pas appliqué. « Nous remarquons des dysfonctionnements dans la prise en charge des malades et pourtant ce plan est fait pour leur défense. Malgré qu’il ait déjà une dizaine d’années d’existence, le plan cancer ne stagne pas, il régresse » regrette le Dr Alain Monnier, président. « Il y a très peu, voire pas, de recherche clinique dans la région nord Franche-Comté, chose qui était pourtant prévue. De plus, à cause de l’absence de certains traitements pathologiques, les malades sont obligés d’être déplacés à Besançon malgré les engagements des autorités et des confrères avec des référents différents à chaque fois ». Qui voudrait être examiné par une multitude de médecins à chaque fois ? « Les malades ont besoin de référent fixe, et non de médecins sac à dos venant de Besançon. La qualité des praticiens n’est nullement en cause mais le bon suivi des malades ». Le Dr Monnier évoque aussi le problème de démocratie sanitaire. « Notre désir est que tous les malades bénéficient au mieux de la qualité et de l’environnement des soins. Mais aussi que le programme personnalisé des soins (PPS) leur soit remis automatiquement » ajoute-t-il pour relever ce qu’il nomme le « déficit d’explication médicale » qui prévaut à cause de la non-application du plan cancer. « On croirait assister à une volonté hégémonique de tout chapeauter y compris ce que nous, la Ligue, avons à notre charge. La Ligue est oubliée. Malgré le fait que dans les statuts nous soyons membres de droit, nous ne sommes jamais invités où que ce soit » conclut-il, amer.
* * *
Rancune tenace pour le CHBM
La direction du centre hospitalier Belfort- Montbéliard voit
dans les déclarations du Docteur Monnier « l’expression d’une
rancune personnelle tenace sous couvert de prendre la défense
des patients » qui vise « à opposer les communautés médicales
du CHBM et du CHRU entre elles au risque d’inquiéter
inutilement les patients ».
Pierre Roche, le directeur et le docteur Faller président de la
CME rappellent que « nous sommes passés d’un service dont
l’équipe médicale était composée de « cancérologues
généralistes » peu nombreux, à une équipe renforcée
composée d’oncologues et de radiothérapeutes spécialisés par
organe qui ont permis d’améliorer grandement la qualité de la
prise en charge médicale des patients ». Ils se disent conscients
que « l’organisation doit être améliorée en particulier en
sédentarisant l’équipe médicale et en précisant l’apport
respectif des praticiens du CHBM et du CHRU dans le dispositif
du Plan cancer en matière de soins et de recherche clinique ».
Objectif qui doit être atteint d’ici quelques mois. Ils réclament
du temps et de la sérénité « en se gardant de toute déclaration
tonitruante car la collaboration entre le CHRU de Besançon et
le CHBM est une donnée incontournable. Il nous revient, à
tous, jour après jour, dans un esprit constructif, d’améliorer la
prestation que nous devons aux malades ».








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