Montbéliard Guerre des gangs : neuf interpellés en garde à vue
La procureure de la République de Montbéliard, Thérèse Brunisso, s’est félicitée de la parfaite coordination entre les services de police et de gendarmerie. Photo José Gonzalvez
Avec les neuf interpellations opérées hier matin, à Montbéliard essentiellement, la justice espère avoir neutralisé durablement les deux gangs qui se livrent une guerre à coups de gros calibres, depuis la mi-avril.
Très gros déploiement de force, hier matin, à Montbéliard, Grand-Charmont et Mulhouse où, dès 6 h 30, 171 policiers et gendarmes ont investi les appartements des membres supposés de deux gangs qui se livrent, depuis la mi-avril, une guerre à coups de gros calibres, « probablement sur fond de trafic de stupéfiants », a précisé, en fin d’après-midi, Thérèse Brunisso, procureure de la République de Montbéliard. Au total, neuf personnes, « âgées de 20 à 35 ans », d’après Manuel Boissière, commandant la compagnie de gendarmerie du pays de Montbéliard et possédant déjà un casier judiciaire pour la majorité d’entre elles, ont été interpellées-sept à Montbéliard, une à Grand-Chamont et une à Mulhouse-et placées en garde à vue.
Dans la foulée, plusieurs perquisitions ont été effectuées dont les résultats n’ont pas été communiqués. On ignore de la même façon si des armes ont été saisies et si tous les protagonistes ont été appréhendés.
On se souvient de la fusillade qui a fait un blessé grave, qui a dû être amputé d’une jambe, le 6 mai dernier devant la maison d’arrêt de Montbéliard. La victime, Abdelkader Timsit, détenu sous le régime de la garde à vue, réintégrait la prison lorsque, d’après son témoignage, deux individus au visage masqué par des cagoules, ont ouvert le feu sur lui, le touchant grièvement à la jambe droite (Le Pays d’hier). Plusieurs douilles de calibre 9 mm et de 7,65 mm étaient récupérées sur place par les services de police qui faisaient le rapprochement avec une arme utilisée le 16 avril, vers 21 h 30, au cours d’une fusillade en plein cœur du quartier de la Petite-Hollande : deux groupes ferraillaient ce soir-là, puissamment armés d’une Kalachnikov, d’une carabine de guerre américaine USM1 et d’un pistolet Glock de calibre 9 mm. Par chance, on ne déplorait aucun blessé. La veille déjà, vers 23 h, une épicerie d’Étupes avait essuyé des coups de feu tirés avec une ou plusieurs armes. Le soir du 6 mai, vers 22 h 45, « sans doute dans le cadre de représailles de l’affaire du matin », précise Thérèse Brunisso, un homme échappait de peu à plusieurs tirs du fameux Glock 9 mm, à proximité de la mosquée de Grand-Charmont.
Convaincu que cette arme avait servi dans les trois dernières affaires, le parquet de Montbéliard décidait d’engager une enquête préliminaire, associant quatre services qui sont intervenus hier matin : les policiers de Montbéliard, l’antenne bisontine du SRPJ, les gendarmes de la compagnie du pays de Montbéliard et leurs collègues de la section des recherches (SR) de Besançon. « On a des faits graves de tentatives de meurtre. C’est une très grosse enquête et j’insiste sur la parfaite coordination des services », a indiqué Thérèse Brunisso.
Une enquête loin d’être clôturée, mais qui a porté ses premiers fruits. Les différents protagonistes devraient être déférés dans les prochaines heures devant les magistrats montbéliardais pour être mis en examen et écroués, au moins pour certains d’entre eux.








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