Portrait Robert Orioli, qui a jalonné sa vie d’étapes, a maintenant voix aux chapitres
Robert Orioli : médecin, fondateur du Club cycliste d’Étupes, peintre et maintenant écrivain. Photo Alexis Beuscart
Le docteur retraité d’Étupes, créateur du célèbre club cycliste et qui s’était mis au pinceau il y a deux ans, s’est désormais piqué de littérature. Son premier roman, « Un soleil voilé », sort demain aux éditions du Panthéon.
« J’aime me poser des challenges. Quand j’ai peint, c’était pareil. Je suis un autodidacte. Alors pourquoi pas me lancer dans l’écriture ? J’aime me lancer des challenges et j’aime les réussir. » On attribuerait ces propos à un retraité du stéthoscope, vous auriez peut-être du mal à le concevoir. Surtout si l’on ajoute que ce même homme a créé l’un des clubs cyclistes les plus reconnus en France, titré sept fois au niveau national. Et pourtant, Robert Orioli est bien un homme aux multiples facettes.
La plupart des gens le connaissent comme praticien, diplômé de la faculté de médecine de Strasbourg, installé à Étupes depuis 42 ans. Le monde sportif, et cycliste en particulier, salue en lui le président du CCE (Club cycliste d’Étupes), parti de rien en 1974 « sans jamais imaginer que cela irait aussi haut ».
Il y a deux ans, les arts lui ouvraient leurs portes, à travers celles de la galerie Perrin à Montbéliard pour une exposition de peinture.
Toujours avide de se positionner là où on ne l’attend pas, l’insaisissable Robert Orioli sort demain son premier roman. Une histoire autobiographique qui fait le compte à rebours de cette existence trépidante. « Cela nous renvoie en 1964. Vous voyez, c’est vieux ! »
C’est assez émouvant d’ouvrir un bouquin qu’on a écrit
Il a fallu défricher ce temps pour, justement, se remémorer cet été 1964. Une petite affiche au restaurant universitaire l’incite à partir en Algérie, indépendante depuis deux ans seulement, avec un compagnon de médecine.
Là-bas, à la Maison-Carrée d’Alger, Robert Orioli est assistant sanitaire d’une sorte de harem estudiantin. « Pendant deux mois, le seul homme autorisé à entrer au collège des jeunes filles, c’était moi. »
La suite ? Une histoire d’amour, brève mais qu’on imagine aisément intense, sur fond de beau décor historique. « Mon premier titre, c’était M’Algérie, ma manière à moi de voir l’Algérie telle qu’on ne la décrivait pas à l’aube de son indépendance. Je pensais que ça allait devenir comme la France, les filles étaient émancipées, en jupes courtes. C’est parti dans l’autre sens… »
Pour connaître la fin de cette histoire d’amour, la trame du roman, il vous faudra patienter jusqu’à demain, sortie nationale d’ Un soleil voilé. Un premier ouvrage qui a étonné jusqu’à son auteur. « Des fois, je me surprends. Je me demande si c’est bien moi qui ait fait ça. C’est assez émouvant d’ouvrir un bouquin qu’on a écrit… »
La surprise est d’autant plus grande que la grande littérature n’avait pas forcément sa place à côté de son serment d’Hippocrate.
« À part des revues médicales et l’Équipe, je suis très peu lecteur. Je n’ai pas le temps. Mon livre, on ne peut pas dire que j’ai fait du plagiat ! J’avais envie d’écrire ce sujet qui me plaisait bien et je m’y suis appliqué, pendant trois ans. » Un essai transformé, comme on dirait en jargon sportif. « C’est le premier, et ça ne sera pas le dernier ! »
Dans l’immédiat, si Robert Ortoli a replongé la tête dans le guidon, c’est davantage pour préparer les prochaines échéances du CC Étupes, entre épreuves de coupe de France et la course nationale qui aura lieu le 10 juin. Pas impossible, d’ailleurs, que le prochain opus ait justement trait au monde de la petite reine. Cette nouvelle étape de sa vie se confondra alors, de nouveau, en chapitres romanesques.
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Bio
10 juillet 1942 : naissance à Fêche-l’Église. Son père, d’origine italienne, était arrivé en France vingt ans plus tôt.
1960 : entre à la faculté de médecine de Strasbourg. Il sera ensuite interne à l’hôpital de Belfort pendant trois ans.
1964 : part durant deux mois, en été, en Algérie pour y être assistant sanitaire.
1966 : premier mariage, avec Marie-Josée. Il se remariera en 2007, l’année de sa retraite, avec Marie-France.
1970 : installation à Étupes.
1974 : création du Club cycliste d’Étupes.
Septembre 2010 : expose ses peintures à la galerie d’art Perrin, à Montbéliard.
1 er mai 2012 : sortie de son premier roman, Un soleil voilé, aux éditions du Panthéon. Il sera en séance de dédicaces à la librairie Chapitre, à Montbéliard, le samedi 19 mai de 14 h 30 à 18 h.








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