FC Sochaux Le ciel sur la tête !
Joseph Lopy et les Sochaliens ont subi un échec cuisant, hier soir à Bonal face à Bordeaux (0-3). Photos Lionel Vadam
Le FC Sochaux a tout fait à l’envers, hier. Si Gillot et les Bordelais les ont bien piégés (0-3), les Sochaliens, très émoussés, ont perdu les pédales avec les expulsions, à l’heure de jeu, de Roudet et surtout de Maïga. Voilà qui risque de peser lourd pour la suite des événements.
Pas sûr que Francis Gillot aurait payé pour une telle issue. Celui qui a ouvert les portes de l’Europe au FC Sochaux n’est certainement pas revenu pour faire dans les sentiments. Mais poignarder à ce point ces joueurs qui lui ont apporté tant de plaisir n’avait certainement jamais frôlé son esprit. Les battre, certes, mais leur faire courber, si bas, l’échine…
Hier, Francis Gillot, cependant, a réussi un coup. De maître. Le coup qui a grandement aidé Bordeaux à s’imposer. « On sait qu’à Sochaux, il faut couper la relation Martin-Maïga. On a donc joué différemment en losange avec Sané. Marvin a été moins influent sur le jeu alors que je l’avais vu extraordinaire contre Dijon ». Que dire de Maurice-Belay, charmant garçon, mais hier véritable bourreau, lui dont on a parfois moqué les statistiques et qui est reparti de Bonal avec une passe décisive et un but qu’il n’a pas fêté, pas respect pour ses potes sochaliens.
Les Bordelais ont donc jeté un sérieux doute dans les esprits doubistes en passant trois buts à Richert. Mais si les Girondins, plus matures, très au point tactiquement et nettement plus à l’aise techniquement, en sont arrivés là, c’est que le FC Sochaux les a bien aidés. Jamais entrés dans le match, car forcément un peu traumatisés par leur aventure au Parc, ils n’ont été en mesure de bousculer une seule seconde leur adversaire. Notamment dans ce début de match, encore une fois fort handicapant, avec ce but de Gouffran dès la 12e minute consécutif à un marquage lâche, trop lâche. « Le premier but est une offrande » a insisté Ryad Boudebouz « Jussié est seul au milieu de trois défenseurs ».
Mais au lieu de donner à la troupe jaune et bleu, l’idée d’un sursaut, d’une révolte comme elle avait déjà pu et su le faire auparavant, ce but a alors fait sombrer corps et âme, et disons-le, errer quasiment durant toute la partie, les Jaune et Bleu. Cuits physiquement mais surtout psychologiquement, les hommes d’Éric Hély ont alors vécu ce que l’on nommera un après-midi de chien.
Si Bordeaux, maître du jeu, a tardé à porter l’estocade pressentie, que Maïga aurait pu changer l’histoire si Carrasso n’avait effectué deux gros arrêts (30e, 36e), « Peut-être là le tournant du match » a relevé Éric Hély, c’est malheureusement à l’heure de jeu que le ciel est tombé sur la tête du FCSM. Avec en trois minutes, ce qui lui pendait au nez, un second but encaissé (62e) mais surtout deux expulsions « mortelles ». La première celle de Roudet pour avoir sauvé le cuir sur la ligne en plongeant, mais en s’aidant de la main (61e), et le second, largement évitable mais très pénalisant de Maïga pour un soi disant « geste de donner coup de tête » a expliqué Ryad Boudebouz. « Mais ce n’est pas vrai. C’est plus facile de donner des rouges à Sochaux… ».
Mais bon, celui qui restait sur cinq buts en cinq matches, sur lequel reposait tant d’espoir aurait pu s’abstenir de venir se quereller avec le référé pour ce coup franc sifflé sur Marvin Martin. Juste pour pouvoir se préserver de toute sanction, lui redevenu si déterminant dans l’effectif doubiste. Les conséquences vont être de taille, cependant. « Il ne nous reste plus que Sloan Privat comme attaquant ». Et surtout, ce FC Sochaux actuel, laminé à Paris, exécuté à Bonal hier, possède-t-il encore suffisamment de « jus » pour aller guerroyer à Ajaccio mercredi ? « Quand on est jeune, on a l’impression que le monde entier vous en veut. On met parfois la faute sur des éléments extérieurs. On a tous notre part de responsabilité » a dit Éric Hély avant de lancer un vrai cri à la solidarité « Sans entraide, on ne peut pas y arriver ». Ryad Boudebouz a lui évoqué « l’agressivité à retrouver ».
Si au classement les dégâts ne sont pas énormes, mais à prendre en considération (goal-average de moins 23), qu’en est-il dans les esprits sochaliens ? Dans les corps ? Et ce FCSM, aphone depuis deux matches, peut-il retrouver sa voix et sa voie dans le terrible combat qui l’attend dès mercredi à Ajaccio ? On voudrait tant le croire…








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