Montbéliard Adjointe agressée : « Comme dans un mauvais feuilleton »
Catherine Conat, adjointe aux affaires scolaires à Montbéliard. Photo Lionel Vadam
Mardi soir, Catherine Conat, adjointe au maire de Montbéliard, a été agressée sur son lieu de travail, à la Petite-Hollande. Elle refuse de stigmatiser les jeunes et les quartiers, même si la peur ne l’a pas quittée.
Catherine n’oubliera pas ces trois minutes interminables où elle s’est retrouvée sous la menace d’une arme dans un local de la Confédération syndicale des familles, où elle est chargée de mission (notre édition de jeudi). Elle revoit encore les visages cagoulés de ses agresseurs.
« C’était comme dans un mauvais feuilleton américain où les gangs font la loi. Je leur ai demandé s’ils voulaient de l’argent car j’avais mon sac avec ma carte de crédit et un appareil photo mais ils m’ont dit que non. Ils voulaient de l’argent de l’État. Je leur ai expliqué que tout ce qu’ils trouveraient ici, c’était des dossiers des familles du quartier », raconte la victime, la voix encore chargée d’émotion.
Les jeunes ont alors débranché deux ordinateurs portables qu’ils ont emportés. « Ces ordinateurs n’ont aucune valeur marchande ».
L’élue ne comprend toujours pas la motivation de ces jeunes. « Ils avaient l’air d’être en situation de grande précarité. Ils n’avaient pas l’air d’être conscients de ce qu’ils faisaient. Les personnes qui viennent à la CSF sont des gens du quartier ».
Depuis, Catherine Conat dit avoir reçu de nombreux témoignages de solidarité qui font chaud au cœur. Elle dénonce les amalgames et les « raccourcis faciles ». « J’entends dire qu’il faut des caméras, mais on ne pourra pas en mettre partout. Et puis, dans ce cas précis, les images auraient été inexploitables car les agresseurs étaient cagoulés ».
Quelques jours plus tard, la peur est toujours là. « Je me sens un peu découragée. Je ne compte pas mes heures au sein de l’association et avec le vol des ordinateurs portables, j’ai perdu toutes mes données. Des heures de travail. Je n’ai pas fait de sauvegarde de mes dossiers. Nous sommes une association avec peu de moyens ».
Reprise des permanences le 3 mai
Mais la vie continue. Avec le soutien psychologique, Catherine Conat devrait reprendre le travail le 3 mai prochain. L’association met en place un système pour ne pas laisser les salariés seuls avec la présence de bénévoles.








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