Lougres Le Passenture de Simon Messagier
le 17/02/2012 à 05:00 par Alain Roy
Simon Messagier dans son paradis de Lafond, près de Lougres au milieu d’une nature encore sauvage. Photos Alain Roy
Le quatrième temps de Simon Messagier est un livre à part, tout comme l’œuvre du peintre entomologiste.
Depuis quelques années, les recherches de Simon Messagier portent sur le « Passenture ». Quatrième temps, où le passé, le présent et le futur se mélangent, se « mêment » temps, l’art n’étant, selon lui, « qu’artefact ».
« C’est le quatrième œil qui est situé derrière la tête et qui voit que l’humain n’est qu’une chrysalide d’autre chose, » explique Simon Messagier. Et d’en appeler à toutes les vies, à toutes les cellules dans une sorte de Rejoignance avec la mémoire de l’eau de Jacques Benvéniste.
Entre art et science
Et le peintre de se laisser rattraper par le poète au fil des pages et des dessins annotés. « En regardant le soleil blanc d’hiver en face, pour déchiffrer les ocelles devant les yeux après regard et les chants de l’âme des arbres qui s’y découpent, une forme noire me regardait… c’était une vierge noire l’Anima. »
Simon Messagier poursuit dans ce livre le travail entrepris en 2006 dans son catalivre Révélaberration (suite de l’exposition du Pavillon des Sciences à l’Espace Galilée à Montbéliard). Un ouvrage déjà entre art et science où le scarabée rassemblait la matière pour nous en dispenser les merveilles. Le Passenture, recueil symbiotique, poursuit donc le voyage initiatique.
Et l’artiste de présenter son Infantile Trésor Pirate (2001 avec les bijoux de la Foir’Fouille). « P eu importe la sagesse si on a celle de l’enfance, » souligne le peintre. Ce fameux « Ici est maintenant » avec son goût acidulé qui vient de nulle part. Ou peut-être des Jardins du Luxembourg (l’enfance à paris aux côtés de Jean son père et de Marcelle la céramiste de mère) et de ce roudoudou dans une main. Et Simon Messagier d’enfoncer le clou : « Ce n’est pas la mémoire mentale qui agit ici, mais bien celle du corps, celle des cellules. »
« Il s’agit bien là de pénétrer un état hors-humain, qui entre autres consiste en son animalité. Cette chose que l’humain refuse de voir, enfouie au plus profond de l’être entier. Là même où scintille la perle de rosée jonction du végétal. »
Ce Passenture s’achève sur une belle collection de dessins intitulés Printonord, Eténord, Autonord ou Hivernord où « les bergers sculptent le bruit des eaux », et « la pluie nous apprend les tendres intérieurs ». Et Simon Messagier de dessiner quelques « Fulgidirances » autour du bois carré, de la lampe d’automne et du houblon (se) jaune. On l’aura compris, le livre d’un poète regardeur des autres.
LIRE « Le Passenture » de Simon Messagier chez Néo Éditions (19 €, en librairie).
le 17/02/2012 à 05:00 par Alain Roy
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