Valentigney Le bijoutier met ses deux braqueurs en déroute
le 02/02/2012 à 05:00 par José Gonzalvez et Pierre Pelletier
Pierre Andrieux a fait preuve d’un sang-froid dissuasif. Photo Pierre Pelletier
Un bijoutier de Valentigney a courageusement empêché deux hommes armés de le braquer dans sa boutique, hier matin.
Un peu avant 9 h, hier matin, Pierre Andrieux s’apprêtait à ouvrir les portes de sa bijouterie, rue Viette, au centre-ville de Valentigney, quand il a vu deux hommes, le visage dissimulé sous une cagoule, sortir précipitemment d’une voiture arrêtée devant son pas-de-porte. Il venait à peine de relever le rideau de fer et il a juste eu le temps de refermer la porte en la calant avec son pied et son épaule depuis l’intérieur. Les deux malfaiteurs, dont l’un exhibait un pistolet avec un long canon et l’autre une bombe lacrymogène, et qui lui intimaient d’ouvrir, n’ont pas insisté, au vu de la détermination du commerçant qui, avec sang-froid, était en train d’actionner, grâce à son téléphone portable, l’alerte reliant tous les commerçants membres du réseau ainsi que le commissariat de police de Montbéliard. Les deux hommes se sont engouffrés dans la Golf sombre et le complice qui les attendait au volant a démarré en trombe. Le bijoutier a pris le soin de relever la plaque d’immatriculation, qu’il a communiquée aux fonctionnaires de la sûreté urbaine arrivés rapidement sur les lieux. La voiture, qui avait été volée récemment dans les environs de Montbéliard, n’avait pas été retrouvée hier soir, pas plus que les trois malfaiteurs.
J’ai vu le pétard…
Pierre Andrieux, qui se remettait de ses émotions hier après-midi, n’est pas près d’oublier l’impression désagréable que lui a laissée l’image de ce canon de pistolet : « le pétard, je l’ai vu… », raconte le bijoutier, rappelant qu’il y a huit ans, une autre de ses boutiques située à Pont-de-Roide avait eu sa vitrine défoncée avec une voiture-bélier. « Mais là, on n’avait rien vu, c’était la nuit ». Cette nouvelle agression crée en tout cas un sentiment de malaise chez les commerçants. Hier, les voisins de la bijouterie Andrieux ne cachaient pas vivre dans une certaine inquiétude, que ce soit la coiffeuse ou le buraliste, dont la fille avait été agressée par un homme armé, il y a un peu plus d’un an. Ils évoquaient aussi la tentative déjouée vendredi dernier au magasin Norma, à quelques centaines de mètres de là. « Le risque, c’est que des commerçants soient tentés de prendre des armes eux aussi et d’en faire usage », avertit le buraliste. « En tout cas, moi, je laisse tomber, pas question de reprendre l’affaire », lâche sa fille, visiblement désabusée par les conditions de plus en plus difficiles d’exercice de cette profession.
le 02/02/2012 à 05:00 par José Gonzalvez et Pierre Pelletier
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