Aire urbaine Extension et nouvelles enseignes : les jardineries se livrent une concurrence sévère
le 31/01/2012 à 05:00 par Françoise Jeanparis
Le pépiniériste David Didier a repris il y a sept ans l’entreprise familiale implantée par son père Roger en 1991 route de Mathay à Valentigney. Il diversifie son activité avec l’ouverture en mars de 870 m² de surfaces commerciales dont la moitié dédiée aux plantes vertes et fleuries. Photo Françoise Jeanparis
Le marché du jardin doit être porteur pour qu’autant d’enseignes ouvrent leurs portes en mars dans l’Aire urbaine. « Esprit jardin » s’implante à Bessoncourt. « Ma Jardinerie » pose ses bagages verts à Exincourt. Le pépiniériste David Didier agrandit, lui, son activité à Valentigney. Du nord Territoire au sud de l’agglomération montbéliardaise, plus de 40 000 m² de surfaces commerciales sont dédiés au jardin !
S’il avait su que Ma jardinerie, qui a pignon sur rue à Botans (Territoire de Belfort) avec un magasin de 6 000 m², venait se frotter au marché montbéliardais en ouvrant début mars un magasin de 4 500 m² à Exincourt, David Didier aurait-il programmé une extension de son entreprise ?
« C’est parce que je l’ai su que je l’ai fait »
Le pépiniériste hausse les épaules et rigole : « C’est justement parce que je l’ai su que je l’ai fait. J’agrandis parce que je suis excentré de l’hypercentre. Maintenant, ce n’est pas au Pied des Gouttes à Montbéliard que je vais trouver du terrain sur plusieurs hectares pour faire pousser arbres et arbustes. Plus il y a d’enseignes, plus il faut offrir au client une belle gamme de produits pour qu’il n’aille pas voir ailleurs ». Ce que fait le patron de Côté Jardin, une entreprise familiale basée route de Mathay à Valentigney. Il passe de 2 à 4 hectares de plantations en pleine terre. Et il ouvre début mars, « le week-end de la fête des mamys », 870 m² de surfaces couvertes dont 400 m² dédiés aux plantes vertes et fleuries. « Mon métier, c’est le végétal. Rien d’autre. Ça ne m’intéresse pas de vendre des colliers pour chiens ou des croquettes pour chats. Proposer un grand choix de fleurs coupées, de plantes rares qu’on ne trouve pas ailleurs, ça me plaît davantage. Comme privilégier le service et le conseil. Faute de bâtiment pour stocker des produits phytosanitaires, j’envoyais mes clients dans les jardineries. En somme, je me concurrençais. En mars, ils trouveront tout sur site », avoue le pépiniériste qui a débuté sa carrière professionnelle comme fleuriste.
Quatre embauches
À Côté jardin, pas de libre-service ou de caisses enregistreuses en bout de rayon. Le client est accompagné dans les travées de la pépinière, ses arbres et plantes lui sont chargés dans le coffre. Une façon de faire la différence. « On s’est donné les moyens de recruter du personnel compétent, qui a de l’expérience dans le végétal, 13 ans pour celui qui en a le moins, 25 ans le plus ». Avec l’extension, l’entreprise passe de 6 à 10 employés. Quatre personnes « embauchées et recrutées localement ». Cerise écolo sur le bouquet floral. Côté jardin s’est doté d’un véhicule électrique pour assurer la livraison des plantes.
Concurrents oui, mais différents
La multiplication des enseignes dédiées au jardin sur un territoire qui n’est pas extensible n’effraie donc pas David Didier ? « Non, pas plus que je ne suis en guerre contre quiconque. Comme mon collègue Olivier Drezet à Bethoncourt (N.D.L.R. : 9 000 m² de serres, entreprise horticole qui emploie 15 salariés), nous sommes des amoureux de notre métier en général, du végétal en particulier. Par rapport aux grandes surfaces de jardinage, nous n’avons pas la même façon de faire du commerce. On est différents quoi. Maintenant, plus on sera nombreux à se partager le même gâteau, plus les parts seront minces. L’offre commerciale peut paraître démesurée par rapport à la dimension du territoire ». La concurrence s’annonce rude. Certains vont y laisser des plumes. De quel œil la jardinerie Potiez (dépositaire Vilmorin) installée sur 3 200 m² au Pied-des-Gouttes à Montbéliard voit-elle débouler à quelques encablures de ses terres Ma jardinerie ? « Pas de commentaire à faire, assène le patron de l’enseigne. Le consommateur jugera en termes de qualité des produits et de compétence du personnel ».
le 31/01/2012 à 05:00 par Françoise Jeanparis
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