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Montbéliard Affaire Ayoub : action devant le tribunal

le 22/01/2012 à 05:00 par Françoise Jeanparis

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« Qui essaie-t-on de défendre dans ce dossier. Jamais Ayoub », dénonce la sœur du jeune lycéen victime d’un tir de Flash-Ball le 7 février 2011 à Audincourt. Photo Françoise Jeanparis

« Qui essaie-t-on de défendre dans ce dossier. Jamais Ayoub », dénonce la sœur du jeune lycéen victime d’un tir de Flash-Ball le 7 février 2011 à Audincourt. Photo Françoise Jeanparis

« À la suite de la tragédie d’Étouvans, j’ai été émue par le témoignage de la procureure de Montbéliard. Mon frère n’a pas eu droit à autant d’égards », constate la sœur d’Ayoub, ce jeune lycéen qui a perdu un œil à la suite d’un tir de Flash-Ball en février dernier à Audincourt. Un comité de soutien s’est constitué. Première action le 30 janvier avec un rassemblement devant le palais de justice à Montbéliard.

Elle est « très inquiète » la sœur d’Ayoub Boutahra. Inquiète « parce que nous sommes convoqués le 30 janvier chez la procureure de Montbéliard avec notre avocat. On se doute de l’issue de l’entretien. Sans doute un classement sans suite du dossier. Je ne sais pas comment je vais pouvoir expliquer à Ayoub que le policier qui lui a tiré dessus ne sera pas poursuivi… »

Pour que justice soit rendue

A l’heure actuelle, après un an de procédure judiciaire, d’investigations et d’auditions, rien ne dit que l’affaire sera classée. N’empêche que c’est la crainte de la famille. « Dites-vous qu’un classement ne signifie pas que l’affaire est terminée. Au contraire, ça ne fera que commencer car il y a des recours », s’élève une voix dans l’assistance. Une cinquantaine de personnes participaient vendredi soir à Montbéliard à la première réunion du comité de soutien à Ayoub Boutahra. Le principe d’un comité a été acté il y a un mois, même lieu. « Il s’agit maintenant de lui donner une forme, de constituer un bureau et de décider des actions à venir, de ne pas laisser seule cette famille dans l’épreuve, de l’accompagner pour que justice soit rendue », résume Gérard Delavelle qui pilote ce comité aux côtés de Michèle et Bernadette Prost, enseignantes à la retraite. Dans la salle, des représentants d’Amnesty international et du Mrap, des Indigènes de la République et des Amis de l’émancipation sociale etc. Tous dénoncent « la banalisation des violences policières », « ces affaires judiciaires qui traînent en longueur dès que la police est concernée, doit rendre des comptes », réclament à l’instar de la conseillère régionale, Salima Inezarene, « un bilan sur l’utilisation des Flash-Ball en France, armes qui sont censées défendre mais qui sont agressives : onze victimes déjà en France ».

Réseaux sociaux activés

Ayoub, lui, n’est pas dans la salle. « Il lui est psychologiquement difficile d’entendre parler de cette affaire. A fortiori depuis qu’il a pris conscience qu’il est durablement handicapé ». Le lycéen en classe de terminale à Montbéliard a perdu l’usage d’un œil. Depuis qu’il a été atteint par un tir de Flash-Ball, victime collatérale d’une échauffourée place du Temple à Audincourt qui a opposé une centaine de jeunes à la police. « Il attendait son bus à l’écart de la rixe. C’est prouvé par la vidéosurveillance. J’ai vu les images. Les policiers de l’IGPN l’ont confirmé. Alors qu’il saignait, tenait son œil dans la main, les policiers l’ont fouillé », racontent sa sœur qui vient de saisir le défenseur des droits. Son ton est posé. Jamais haineux. La famille réclame simplement justice.

Si la police admet le statut de « victime » à Ayoub, dans le même temps, elle assure que le tir était « réglementaire. Or la distance du tir n’a pas été respectée. Il n’y a pas eu de sommation. L’enquête a été conduite à décharge du policier qui a tiré, présenté comme quelqu’un d’irréprochable. Qui essaie-t-on de défendre dans ce dossier ? Jamais Ayoub, désormais handicapé à vie… ». Réaction du comité de soutien qui appelle au rassemblement le 30 janvier devant le palais de justice de Montbéliard « pour accompagner la famille Boutahra, dire que les citoyens, la société attendent une réponse de la justice ». Les modalités vont être définies dans les jours à venir, tandis que les réseaux sociaux sont activités sur le net. Le comité compte mêler à sa voix, celles d’autres actions collectives lancées en France contre l’utilisation du Flash-Ball. Un second rassemblement est envisagé le 7 février à Audincourt, date anniversaire du tir qui a abîmé la vie d’un jeune garçon.

le 22/01/2012 à 05:00 par Françoise Jeanparis

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