Patrimoine Haut Doubs : à l’assaut du château de Joux
le 04/09/2011 à 05:00 par David Aubry
C’est au château de Joux que fut emprisonné Toussaint Louverture. Photo David Aubry
L’histoire tumultueuse de la Franche-Comté explique sans doute, en grande partie, le fait d’y trouver autant de châteaux. Il y a bien sûr quelques bâtisses de plaisance mais surtout beaucoup qui ont un intérêt militaire primordial. Dont celui de Joux, dans le haut Doubs.
La plus importante concentration de la région se situe sans nul doute dans la trouée de Belfort. Un lieu de passage qu’il fallait protéger pour préserver la ville. Ce lieu stratégique a été le théâtre de nombreux sièges et nombreux combats qui ont permis à ses défenseurs d’acquérir une expérience salutaire. Ils ont en effet toujours su s’adapter et renforcer leurs positions.
Des prisonniers célèbres
En 1914, Belfort se trouvait ainsi au cœur d’un dispositif de quatorze forts, avec notamment ceux de Salbert, Giromagny, Méroux ou encore Bessoncourt, sans oublier la citadelle de Belfort. Un maillage impressionnant pour un si petit territoire.
Les nombreux forts de la région ont donc certes servi à faire rempart contre les envahisseurs, mais ils ont aussi servi à montrer la prospérité de certains seigneurs. Les citer tous serait fastidieux. Quelques-uns pourtant retiennent particulièrement l’attention : la citadelle de Besançon, les châteaux d’Arlay, de Frontenay, de Présilly, de Bougey, de Pesmes, de Gy mais aussi de Belvoir ou de Joux.
Édifié à l’entrée de la « Cluse de Pontarlier », avec la frontière suisse à l’horizon, on ne peut manquer d’apercevoir ce fier château, imposant par son architecture et par la mystérieuse aura qu’il dégage. Le château de Joux, synthèse de 1000 ans d’histoire de l’évolution de la fortification surplombe d’une centaine de mètres la voie commerciale reliant, dès l’Empire romain, les Flandres et la Champagne à l’Italie.
À partir du XVIII e siècle, le château connut une nouvelle vocation, celle de prison d’État au même titre que la Bastille et le château d’If. De nombreux détenus eurent à connaître les rigueurs de l’univers carcéral de Joux et, parmi eux, le comte de Mirabeau personnage majeur de la Révolution française connu comme l’un des auteurs de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Berthe de Joux, quant à elle, y paya très cher son infidélité, enfermée dans un étroit cachot d’où elle voyait dans la forêt le corps pendu de son amant.
Mais le plus illustre des prisonniers de ce château fut sans doute Toussaint Louverture, enfermé et décédé ici en 1803 en héros et en martyr, lui, l’enfant de Saint-Domingue devenu le symbole de la lutte contre l’esclavage.
Aujourd’hui, au cœur de ce haut Doubs parfois si austère, la forteresse abrite un riche musée d’armes des XVIII e et XIX e siècles présentant de nombreuses pièces rarissimes. Visites guidées, conférences, animations nocturnes et festival des Nuits de Joux animent tout au long de l’année le château dont les murs ont sans doute encore bien des secrets à livrer.
SE RENSEIGNER Communauté de communes du Larmont, service du château de Joux. Tél. 03 81 69 47 95. ccl-chateaudejoux@orange.fr
le 04/09/2011 à 05:00 par David Aubry
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