Prison Triple évasion spectaculaire à Colmar
Les détenus ont creusé le plafond de leur cellule, sont montés sur le toit et ont pu pénétrer dans le tribunal attenant (à gauche), puis sortir par cette grande porte. Photo J.-F. S.
Une vraie « belle » de cinéma : trois détenus de la maison d’arrêt de Colmar, âgés 25 ans (pour deux d’entre eux) et 19 ans, se sont évadés dans la nuit de réveillon. L’alarme du palais de justice s’étant déclenchée vers 4 h 30, les gardiens ont vérifié que les principaux moyens d’accès étaient fermés, mais la disparition des prisonniers n’a été constatée que vers 6 h 30.
Ils partageaient la même cellule et ont réussi à accéder aux combles de la prison, puis au toit en enlevant plusieurs tuiles. Ils sont ensuite parvenus à renter dans les combles du tribunal de grande instance, puis ont percé un trou dans le plancher, et sont descendus à l’aide d’une corde tressée avec des draps… D’abord dans un local verrouillé, dont ils n’ont pu s’extraire, puis dans un couloir en creusant un nouveau trou. Ils ont également forcé la porte du bureau d’un magistrat. Pour se cacher lors du passage de la société de surveillance ? Toujours est-il qu’ils ont pu s’échapper par la grande porte, celle de la rue des Augustins qui n’est pas fermée de l’intérieur, « peut-être pour des raisons de sécurité » selon le procureur de Colmar, Bernard Lebeau.
Le plus jeune et un autre fuyard étaient en détention provisoire, tandis que le troisième purgeait une peine ferme courant jusqu’en d’août 2014. La police judiciaire de Mulhouse a été chargée de l’enquête. « Ils avaient été condamnés pour des faits de moyenne délinquance, de dégradations ou de violences, il ne s’agissait pas de grand banditisme, a précisé hier le procureur. La surveillance de la prison est humaine avant tout, or ils n’ont dû faire que peu de bruit en creusant dans le plafond assez friable, très vraisemblablement immédiatement avant les faits. On ne peut que regretter l’état de la maison d’arrêt et les moyens matériels de l’administration pénitentiaire ». Plusieurs évasions se sont déjà produites ici, notamment en 2009 grâce à un barreau scié, et en 2004 où trois détenus s’étaient déjà échappés en creusant un trou dans le plafond. Celle-ci intervient une semaine après la publication d’un rapport dénonçant l’insalubrité et la vétusté de la prison.








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