Route Comment, au volant, appréhender au mieux les dangers de l’hiver
3 100 stagiaires en entreprise et 120 particuliers ont effectué la formation Casa de l’Automobile Club Prévention en 2011, sans oublier les 2 750 jeunes assurés initiés dans le cadre d’un partenariat avec une banque-assurance. « Ils seront encore plus nombreux en 2012 », assure Didier Kalms, responsable du centre de l’ACP à La Wantzenau.
La conduite dans des conditions hivernales nécessite de connaître un certain nombre de gestes d’urgence. C’est tout l’intérêt de la formation dispensée par l’Automobile Club Prévention.
Cinq chauffeurs livreurs, deux médecins hospitaliers, un conseiller bancaire, le directeur Environnement d’un groupe industriel et un journaliste. Panel très large en ce mercredi matin dans une des salles du centre de l’Automobile Club Prévention (ACP) de La Wantzenau, au nord de Strasbourg.
Les origines géographiques sont tout aussi diverses puisque les dix hommes viennent d’Alsace mais aussi de Franche-Comté, de Bourgogne et de Lorraine. Ce qu’ils font là ? Ils sont venus suivre une formation de conduite attitude en situation anormale (Casa). Un stage d’un jour ou deux, groupés ou pas, qui a pour objectifs de « savoir ne pas se mettre en situation d’accident, voir et prévoir les risques, connaître ses limites et anticiper les actions possibles des autres usagers ». Quoi de plus classique, allez-vous penser ? Oui, mais ici, tous les moyens sont réunis pour s’entraîner et Nathalie est là pour expliquer les bons gestes dans telle ou telle situation.
La voiture part sur une plaque de verglas ? Débrayage immédiat et contre-braquage pour éviter le tête-à-queue. Le temps de réfléchir dans quel sens tourner le volant, on est dans le fossé ? Que nenni ! Puisque le regard du conducteur est resté fixé droit devant, on tourne simplement le volant dans le sens où on veut aller.
C’est ce genre de réflexes qu’une formation Casa de l’ACP permet d’acquérir, tant à La Wantzenau qu’à Biltzheim, sur l’Anneau du Rhin.
Les deux pistes glissantes d’évitement d’obstacles et de freinage (mouillée, en résine, avec une adhérence d’indice 0,1 là où sur bitume, par temps sec, l’indice affiche 0,8) sont parfaites pour simuler les effets d’un dérapage ou tester le freinage d’urgence. Car si l’on ne voit que les jets d’eau, une plaque de ripage est bien présente. C’est elle qui fait perdre le contrôle de la voiture, comme une plaque de verglas. « Dans ce cas, le frein est à bannir car il va accentuer le dérapage », explique Nathalie, la formatrice, qui poursuit : « Pour rééquilibrer les masses, il faut lever le pied de la pédale d’embrayage et contre-braquer. Si l’arrière de la voiture part à droite, il faut tourner le volant à droite. Mais on n’a pas le temps d’intellectualiser. Dans un dérapage, le regard va vous assurer 90 % de la sauvegarde. Il faut regarder l’horizon droit devant et tourner le volant dans le sens où l’on veut aller. Et toujours en chevauchant ses mains quand on tourne. Sinon, on s’emmêle les bras », note la jeune femme.
Est-ce que ça marche ? Oui, mais cela nécessite de s’y reprendre à plusieurs fois. Car de la théorie à la pratique, il y a un gouffre. Et c’est tout l’intérêt de ce stage que de pouvoir essayer jusqu’à réussir régulièrement.
« Ce genre de stage devrait être obligatoire, pour nous professionnels de la route au moins une fois par an car c’est une piqûre de rappel super-importante. Mais tout le monde y trouve son intérêt », indique Daniel, un chauffeur-livreur (80 000 à 100 000 km par an) qui habite Delle (Territoire de Belfort) mais effectue des livraisons de produits pharmaceutiques dans le haut Doubs. Et dans cette charmante contrée comme dans les Vosges, l’hiver y est rude et ses routes encore plus piégeuses qu’en plaine.
Mais un stage Casa ne se limite pas aux risques de dérapage. « C’est tout bête mais il faut absolument être bien installé au volant », rappelle la formatrice de l’ACP qui égrène : bons réglages des sièges, du volant, des appuis-tête, possibilité de faire des mouvements amples, surtout pas de manteaux…
Après un rappel des distances de sécurité, y compris à l’arrêt ( « toujours voir les roues du véhicule de devant »), retour sur la piste pour travailler les distances de freinage. Les tests d’évaluation des distances font frémir les stagiaires tant il est difficile de les évaluer correctement. Idem pour les distances de freinage, temps de réaction inclus (1,3 seconde), qui correspondent au centième du carré de la vitesse (25 mètres pour une vitesse de 50 km/h, 170 m à 130 km/h), le tout étant multiplié par deux sur route humide.
Au-delà des techniques apprises, au sortir d’une telle journée de formation, reviennent en images les expériences partagées en début de stage, ces frayeurs que tout automobiliste a connu, par sa faute ou celle des autres, de ces moments d’inattention qui font basculer des vies. S’il ne fallait retenir qu’un conseil, ce serait celui-là : « Prudence ! »








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