Parti socialiste Un congrès sous le signe du "combat" derrière le gouvernement

le 26/10/2012 à 21:19 AFP
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Harlem Désir, premier secrétaire général du PS, le 26 octobre à Toulouse ©AFP / Eric Cabanis

Harlem Désir, premier secrétaire général du PS, le 26 octobre à Toulouse ©AFP / Eric Cabanis

Les socialistes ont ouvert vendredi à Toulouse leur congrès, le premier depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, en le plaçant d'emblée sous le signe du "combat" derrière le gouvernement Ayrault en proie à de fortes turbulences.

"Le Parti socialiste va faire pack autour du gouvernement. C'est un congrès de combat contre les conservatismes face à une droite qui n'a pas accepté le verdict du 6 mai", a d'emblée déclaré à la presse le premier secrétaire du PS Harlem Désir, à son arrivée au Parc des expositions, où il a été ovationné par plusieurs centaines de militants.

Il a été rejoint peu après par Ségolène Royal, représentante de l'Internationale socialiste, le chef du SPD allemand, Sigmar Gabriel, le chef de la gauche italienne, Pier Luigi Bersani, et Jean-Christophe Cambadélis, nouveau vice-président du Parti socialiste européen, qui tous devaient prendre la parole.

Mais, en guise de mise en bouche, le nouveau patron du PS s'en est pris au précédent exécutif, coupable à ses yeux d'"un véritable mensonge industriel d'Etat" sur PSA. "C'est un scandale", a-t-il dit en commentant la déclaration de la veille de François Fillon selon laquelle Nicolas Sarkozy avait demandé au patron de PSA de repousser son plan social, à l'après-présidentielle.

Vendredi matin, l'ex-Premier ministre a précisé que M. Sarkozy avait demandé que "tout soit tenté pour éviter" ce plan social, en dénonçant "les interprétations erronées" de ses propos.

Accord sur le Conseil national

Côté interne, voulant éviter à tout prix des tractations de dernière minute lors du congrès, Harlem Désir est parvenu à dégager la veille, un accord sur la répartition des sièges au Conseil national (le "parlement" du parti) pour les différentes sensibilités qui s'étaient rassemblées autour de sa motion (orientation politique) majoritaire.

Sur les 204 sièges que les délégués du congrès éliront dimanche, 143 reviennent à celle-ci.

La "bande des quatre", désignant les poids lourds du gouvernement signataires de la motion, Manuel Valls, Stéphane Le Foll, Vincent Peillon, Pierre Moscovici, auxquels s'ajoute Ségolène Royal, disposera de 82 sièges.

Cette sensibilité est désignée aussi comme celle des "hollandais", à savoir les éléments les plus proches (historiquement ou ralliés à partir de la primaire) de François Hollande, premier secrétaire du PS pendant onze ans.

Les "aubrystes" regroupant les fidèles de l'ancienne Première secrétaire, les proches de Laurent Fabius, et ceux d'Arnaud Montebourg obtiennent 40 sièges tandis que ceux de Benoît Hamon, proches de l'aile gauche du parti, obtiennent 21 sièges.

Harlem Désir voulait que l'accord "soit derrière nous pour que le congrès soit tourné vers les Français", a souligné auprès de l'AFP le porte-parole du PS, David Assouline.

Elu mollement par les militants (participation de moins de 50%), M. Désir "a préservé l'unité" autour de sa motion et "a franchi une étape dans l'affirmation de son autorité de premier secrétaire", a-t-il dit.

Trois autres motions disposeront de sièges proportionnellement à leurs résultats lors du vote militant du 11 octobre, dont celle d'Emmanuel Maurel, représentant de l'aile gauche, qui aura 27 sièges. Les deux autres, 24 et 10.

De ce fait, le Conseil national (quelque 300 membres) sera "assez hétérogène et morcelé", ce qui obligera Désir à "rassembler autour d'objectifs de travail", autrement dit à construire des majorités, a convenu un haut responsable.

Au lendemain du duel télévisé Copé-Fillon pour la présidence de l'UMP, tous plaçaient ce congrès sous le signe du "combat", Emmanuel Maurel parlant d'un moment de "mobilisation contre la droite et l'extrême droite".

"Il faut un socialisme qui s'assume. Le temps de la contre-offensive a sonné", a renchéri Jean-Christophe Cambadélis, le concurrent malheureux d'Harlem Désir à la tête du parti, dans un entretien au Monde, alors que les difficultés s'accumulent sur tous les fronts pour le gouvernement.

Plusieurs ministres sont attendus samedi, à commencer par le premier d'entre eux Jean-Marc Ayrault. Il aura été précédé de Martine Aubry.

Harlem Désir interviendra à la clôture dimanche midi.

le 26/10/2012 à 21:19 AFP

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