Transports Achèvement du TGV Rhin-Rhône : « Rien n’est perdu ! »
Le TGV Rhin-Rhône.A rchives Thierry Gachon
Marie-Guite Dufay, présidente de la Région Franche-Comté, a plaidé l’achèvement de la tranche Est du TGV Rhin-Rhône, hier, devant le ministre des Transports. Elle est confiante, même si ce dossier à 800 millions d’euros prend du retard.
Finis les grands rêves du Grenelle de l’Environnement, tout particulièrement pour la construction de centaines de kilomètres de lignes de TGV ! Face aux restrictions budgétaires, le ministère des Transports met en place une commission chargée de faire « le ménage » au sein du Schéma national des infrastructures de transport (SNIT). Ménage qui s’annonce sévère : la loi de finances 2013, en discussion au Parlement, précise que « les projets non prioritaires ou dont le financement n’a jamais été établi sont décalés ou arrêtés ».
Mais Marie-Guite Dufay, présidente socialiste de la Région Franche-Comté, se dit résolue à obtenir la construction des 35 km manquants entre Belfort et Mulhouse pour compléter la première section de la ligne à grande vitesse en service depuis décembre dernier entre Dijon et l’Alsace. Elle a été reçue hier après-midi par Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, et est ressortie de l’entretien rassérénée.
800 millions d’euros
Certes, Frédéric Cuvillier lui a confirmé que la courte ligne à grande vitesse entre Belfort et Mulhouse serait incluse dans la remise à plat du SNIT, ce que les élus voulaient éviter. « Nous n’entrons pas dans le cadre d’un projet, mais d’un chantier qu’il s’agit d’achever, avec 140 km de ligne déjà en service, et avec l’atout d’une convention signée entre les collectivités, RFF et l’Etat », remarque Marie-Guite Dufay. « La date de début des travaux était fixée à 2014 par le précédent gouvernement. Inclure le dossier dans le droit d’inventaire de la nouvelle équipe nous fera perdre six mois, mais il vaut mieux cela qu’un abandon pur et simple. Or, j’ai constaté que le ministre était sensible aux arguments que je lui ai présentés, tout particulièrement sur l’efficacité de l’investissement : le TGV Rhin-Rhône est d’ores et déjà un succès, avec des chiffres de fréquentation sur les trajets Nord-Sud bien meilleurs que prévus. Par ailleurs, la fin de la liaison est attendue par l’Europe, qui est prête à mettre 200 millions sur les 800 que coûtera la section entre Belfort et Mulhouse. Donc, rien n’est perdu ! »
L’achèvement, sur son tracé alsacien, de la ligne à grande vitesse qui traverse déjà toute la Franche-Comté, ferait gagner 26 minutes entre Strasbourg et Lyon, réduisant le temps de parcours aux environs de 3 heures, et permettant au train de concurrencer l’avion.
« L’écoute du ministre est de bon augure », veut croire Marie-Guite Dufay. Il reste que l’on ne parle plus des trois branches du TGV Rhin-Rhône chères à Jean-Pierre Chevènement, qui avait porté à bout de bras ce projet ambitieux, dans les années 90. La section « Sud » entre Dijon et Lyon, et la section « Ouest » contournant Dijon vers Montbard semblent compromises – ou du moins, renvoyées aux calendes grecques –, tout comme les 15 km qui permettraient d’achever la branche déjà en service à proximité de Dijon.








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