Justice Belfort : il terrorise ses voisins qui vivent un enfer
L’éducation est un moyen de préparer la sortie des détenus. Archives Jean Becker
Le résumé de deux dossiers de menaces de morts qu’en fait le président André Chenet, à l’audience du tribunal correctionnel de Belfort hier, traduit le calvaire que vivent les riverains de la rue du Général Chappuis à Belfort. Depuis, au moins cinq ans, quelques-uns endurent insultes, menaces de morts, intimidations et harcèlement de la part d’un habitant.
« Je suis inquiète pour moi et mon fils », témoigne hier devant le tribunal de Belfort une des victimes. « Je ne suis tranquille qu’enfermée chez moi. Lorsque je sors, je rase les murs et me précipite dans ma voiture où je m’enferme. » Le 2 janvier, le prévenu a menacé un de ses voisins qui lui a serré le cou, à deux reprises, pour le repousser. Un peu plus tard, il a pénétré chez lui, sans raison apparente. Le 24 juin, alors qu’il scie des branches dans son jardin, le voisin irascible a menacé une de ses voisines avec une arme blanche et a mimé vouloir l’égorger. C’était un couteau de boucher pour le défendeur, une scie pour la plaignante. Il aurait même renouvelé ses agissements mais avec une tronçonneuse en indiquant « vouloir découper la femme en morceaux pour la mettre dans une boîte ».
Ces quelques exemples, pris dans une longue liste, dévoilent des actes de plus en plus violents, « sans qu’aucun des services habilités n’intervienne », déplore le président Chenet. « Une hospitalisation d’office me paraît nécessaire, pour éloigner cet homme de ses voisins et faire cesser le trouble à l’ordre public. La police a pris contact avec l’Udaf qui a confirmé qu’il n’avait pas de mesure de tutelle ».
Sur les faits, le tribunal n’a pu l’entendre, le quinquagénaire n’étant pas présent à l’audience. « D’ailleurs, la police a éprouvé des difficultés à l’auditionner », souligne Christophe Gérot, le substitut du procureur. « Il n’a jamais donné suite à ses convocations. Il a fallu que le parquet autorise son interpellation. »
« Mes voisins sont jaloux ? »
Dans une déposition lue à l’audience publique, le quinquagénaire affirme être un chef d’entreprise à la retraite, dont « les voisins seraient jaloux ». « Ils regardent ma maison », y ajoute-t-il. « Je ne le supporte pas. » Un peu plus loin, il affirme : « Mes voisins se comportent mal avec moi alors j’en fais autant. »
Mais à la lecture du dossier, on comprend que ce sont eux qui emploient des ruses de sioux pour ne pas envenimer encore les relations. « C’est quand même incroyable que le voisinage doit composer avec cet individu », remarque le président Chenet. « L’enfer et le calvaire de ces voisins ne seront pas résolus par le tribunal », soutient le substitut Christophe Gérot. « Une condamnation n’arrêtera pas l’auteur. Cette audience n’est qu’une étape. Il faudra encore attendre pour que l’homme soit exfiltré de son quartier. »
Le ministère public a requis quatre mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende. Le tribunal est allé au-delà des réquisitions en prononçant quatre mois de prison dont trois mois avec sursis avec une mise à l’épreuve pendant deux ans. La condamnation est assortie d’une obligation de soins et d’indemnisation de la victime à hauteur de 4000 € et à une interdiction de détenir des chiens (il en possède huit).
Le tribunal a relaxé le prévenu sur les menaces de mort du 14 avril, la citation n’étant pas accompagnée de l’identité de la bonne victime.








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