Trafic d'armes de guerre L'armurier de Charmois et ses complices placés en détention
L'habitant de Charmois et ses complices placés en détention
Emmanuel Toschi, "l'armurier" de Charmois, dans le Territoire de Belfort, Christian Joannenc, son client corse et leur complice parisien soupçonnés d’être impliqués dans un vaste trafic de kalachnikov dans l’est de la France ont été mis en examen mercredi par un juge d’instruction parisien et incarcérés. Evoquant Emmanuel Toschi, le patron de la police judiciaire a expliqué : «c'est avant tout un bon trafiquant d'armes et un bon armurier, c'est un véritable orfèvre en la matière». La plupart des Kalachnikov avaient été achetées à une société vendant en toute légalité ce type d'armes démilitarisées. «Elles sont passées par l'Allemagne», a dit Christian Lauthion. Une fois «remise à niveau», chaque pièce pouvait se revendre 2.000 euros, a-t-il précisé. «L'armurier», qui s'était un temps spécialisé dans la fabrication de silencieux, s'était procuré les autres armes lors de "bourses de collectionneurs", avant de les rendre de nouveau opérationnelles, rapporte le site de 20 minutes au sortir de la conférence de presse. Âgé de 46 ans, Emmanuel Toschi vit dans le petit village de Charmois avec son épouse et sa fille. Il n'a jamais fait parler de lui. Sans profession connue, il a déclare vivre du commerce d'armes de collection. Devant le juge d'instruction parisien, il a admis avoir remis en état de tirer et revendu 150 à 200 armes de guerre en un an. Christian Joannenc, l'acheteur corse, est âgé de 43 ans et domicilié près de Calvi.
Les trois hommes ont été mis en examen pour infraction à la législation sur les armes notamment pour acquisition, détention et cession d’armes en bande organisée, transport d’armes et association de malfaiteurs.
Le deuxième est un homme du Val-de-Marne, déjà condamné à une dizaine de reprises et fiché au grand banditisme, et le troisième un quadragénaire originaire de Haute-Corse interpellé samedi lors d’une transaction avec le collectionneur dans la banlieue de Belfort.
Le client corse est connu de la justice pour des affaires de droit commun et avait été entendu dans des affaires liées à Armata Corsa, groupe armé nationaliste corse aujourd’hui disparu.
«Tout donne lieu à croire que ces armes étaient vraisemblablement destinées à alimenter le milieu du banditisme dans le sud de la France et en région parisienne», a dit le procureur.
«On peut considérer que l’on est en présence d’un fabricant et de deux grossistes», a dit de son côté le directeur central de la police judiciaire (DCPJ), Christian Lothion.
Lors de l’interpellation du «collectionneur» et du «grossiste» corse, ont été saisis une vingtaine de kalachnikov, 9 fusils d’assaut M16, 4 pistolets mitrailleurs ainsi que 20 kg de TNT tandis qu’ont été saisis en Corse 33 kg de munitions, a dit le procureur.
Au total, 50.000 euros ont également été saisis.
L’enquête a été ouverte en mai 2012 à la suite d’un renseignement parvenu à l’Office central de lutte contre la criminalité organisée (Oclo) et est conduite par la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris.








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