Patrimoine Haute-Saône : la guigne, cerise porte-bonheur du pays fougerollais
Tout de cuivre vêtus, les alambics de l’écomusée sont les témoins de l’histoire du pays fougerollais. Photos Patricia Louis
En 2010, le kirsch de Fougerolles décroche la précieuse appellation d’origine contrôlée (AOC). Deux siècles plus tôt, la distillation est à l’origine de l’essor industriel du pays fougerollais.
À Fougerolles, en Haute-Saône, l’écomusée du Pays de la cerise retrace le développement industriel au cœur de l’ancienne distillerie de la famille Aubry, fondée dans le premier tiers du XIX e à Petit-Fahys. « Il y a ici un vrai lien entre hier et aujourd’hui. Il y a un musée et quatre distilleries sur le territoire », annonce Laetitia Morand, de l’écomusée.
C’est à partir du XIX e que se développent à Fougerolles, la distillation et les activités annexes qui y sont liées (tonnellerie, vannerie, imprimerie). Au départ, il s’agit d’assurer des revenus complémentaires aux agriculteurs, mais bientôt la distillation devient l’activité première de Fougerolles.
À l’époque, on dénombre à Fougerolles et aux alentours une quarantaine de distilleries industrielles.
Certains agriculteurs deviennent de véritables entrepreneurs et s’enrichissent. C’est le cas de Desle-Joseph Aubry qui se lance dans la production du kirsch. À retenir également la figure d’Abel Bresson, considéré comme l’un des pionniers de l’industrie des alcools. Il fonde en 1838 les plus grandes distilleries françaises.
Age d’or
L’arrivée du rail en 1881 booste l’économie. Un à deux trains partent de Fougerolles à destination de toute la France. La rue de la gare devient le centre névralgique de la commune. Aujourd’hui encore, les quatre distilleries en activité, toutes fondées au XIX e, y sont implantées alors que la gare est fermée.
Le début du XX e siècle est l’âge d’or de la distillation. Très vite, le kirsch ne suffit plus à assurer le développement des distilleries. La diversification passe par la commercialisation de l’absinthe. L’interdiction de production de l’absinthe et autres liqueurs similaires en 1915 marque le déclin des distilleries qui ferment les unes après les autres.
Il faudra attendre 1950 pour que les agriculteurs renouent avec la culture des cerises et réhabilitent les vergers.
Les efforts sont récompensés en 2010 avec l’obtention d’une AOC après une demande longue quarante ans. Un gage de prestige et de qualité.








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