Hôpital La proposition d’un calendrier de réunions rejetée par l’intersyndicale
Sylvie Mansion, directrice de l’Agence régionale de santé, aux côtés d’Étienne Butzbach, maire de Belfort, et de Pierre Roche, directeur, répond à l’intersyndicale.
Il aura fallu vingt-deux jours de grève, dix-huit de « campement » de nuit, et la réunion hier d’un conseil de surveillance pour que « la situation d’urgence » soit prise en compte et qu’une proposition de rétablissement du « dialogue social » soit faite au Centre hospitalier de Belfort Montbéliard (CHBM). Il y a du retard à l’allumage.
Dès 15 h, hier, alors que les manifestants s’amassent en grand nombre devant l’entrée de l’hôpital de Belfort, le climat est à l’orage dans tous les sens du terme.
Le premier à essuyer la foudre est Étienne Butzbach, maire de Belfort et président du conseil de surveillance du CHBM.
Hué par certains manifestants, l’élu tonne à son tour et dit sans détours ce qu’il pense d’une telle attitude. « Si ce mouvement veut déboucher, il faut qu’il s’exprime de manière rationnelle. Les responsabilités de cette situation incombent au gouvernement précédent et à la loi hôpital, patients, santé, territoire (HPST) ».
Nouveau coup de semonce, il intervient quelques minutes plus tard avec l’arrivée en fanfare, civière en tête, d’une centaine de manifestants. Ils investissent la salle du conseil de surveillance sous le regard médusé d’un certain nombre des membres éminents de cette assemblée.
La civière, qui sert de porte dossiers, est délestée de sa marchandise. Destinataire des pétitions qui contiennent quelque 12 000 signatures d’usagers et d’agents hospitaliers, le président renvoie le bébé encombrant à sa voisine, Sylvie Mansion, directrice de l’Agence régionale de la santé (ARS) de Franche-Comté.
La nécessité évoquée d’un « moratoire »
Catherine Stein (CFDT) lit une motion au nom de l’intersyndicale, réquisitoire en règle de la politique hospitalière de ces années passées et de ses conséquences vécues au quotidien par les personnels comme les patients dans un établissement tel que le CHBM. Le discours est ponctué d’applaudissements.
Étienne Butzbach invite Sylvie Mansion à répondre à ce qu’elle vient d’entendre résonnant comme le tonnerre… de l’Est. La directrice de l’ARS rappelle qu’il y a des structures de négociations. « Il faut qu’elles se remettent au travail ». Les cris fusent de toutes parts. Nathalie Depoire (CNI) rétorque qu’ « il n’y aura aucune discussion possible sans parler des effectifs et de l’absentéisme ».
Étienne Butzbach saisit l’éclair au bond, le renvoie en soulignant qu’ « il est hors de question d’adopter des« effectifs cibles » sans dialogue, d’où la nécessité d’un moratoire. C’est un point de départ et non d’arrivée sur des bases tangibles et non pas que comptables ».
Ce soir, l’intersyndicale s’invite chez PMA
L’air étant saturé d’électricité, Sylvie Mansion affirme que « Personne n’est opposé à une reprise des négociations sur les conditions de travail, Pour entrer dans ce débat, il faut établir un calendrier de travail, lister les sujets. On se donne, en raison des congés d’été, comme point d’arrivée fin septembre. Ce calendrier de réunions, avec un ordre du jour précis sera remis demain soir ». Autrement dit ce soir.
Nouveau coup de tonnerre, Bruno Lemière (CGT) répond qu’ « il n’y aura pas de discussions possibles sans retrait du projet de 95 suppressions de postes ».
Après plus d’une heure de ce débat houleux, les manifestants se retirent à la demande de l’intersyndicale. La « confiance » n’est pas restaurée, loin s’en faut.
L’intersyndicale s’invite ce soir à la réunion de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) présidée par Pierre Moscovici, ministre de l’Économie et du Budget. L’homme de Bercy ne fera sans doute pas l’économie de ce débat, qui agite l’Aire urbaine entière.








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