Roumanie "L'Etat de droit est respecté" affirme le Premier ministre
©AFP/Archives / Thierry Charlier Le Premier ministre roumain Victor Ponta le 29 juin 2010 à Bruxelles
Le Premier ministre roumain Victor Ponta a tenu à répondre vendredi aux "inquiétudes légitimes" de ses partenaires européens et internationaux en assurant que la Roumanie "va rester un pays stable où l'Etat de droit est respecté" malgré la crise politique en cours.
La Commission européenne s'est déclarée "préoccupée" vendredi par la crise politique en Roumanie, notamment par les actions tendant à réduire l'indépendance de la justice, a-t-elle indiqué dans un communiqué, précisant que "la règle de droit, l'équilibre des pouvoirs et l'indépendance du système judiciaire étaient des piliers de la démocratie en Europe et indispensables à la confiance mutuelle au sein de l'Union européenne".
Berlin est également "très inquiet" des réformes politiques menées en Roumanie et a de "sérieux doutes sur leur légitimité", a déclaré vendredi le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert lors d'un point de presse régulier. "Comme vous le savez sans doute, le gouvernement Ponta a entrepris des modifications de la loi sur la Cour constitutionnelle", a-t-il expliqué:"C'est une démarche vis-à-vis de laquelle le gouvernement fédéral est très inquiet".
Victor Ponta a annoncé qu'il se rendrait à Bruxelles la semaine prochaine pour "donner des garanties" aux partenaires européens de la Roumanie, un pays sorti d'une dictature communiste il y un peu plus de 20 ans et qui vit une de ses plus sérieuses crises politiques depuis le retour à la démocratie avec une procédure de destitution du président en cours.
"Je veux exprimer de manière très claire la position du gouvernement face aux inquiétudes légitimes de nos partenaires européens et internationaux dans cette période de crise politique", a déclaré le Premier ministre social-démocrate.
"La Roumanie va rester un pays stable où l'Etat de droit, la Constitution, les normes européennes et internationales vont être respectés", a-t-il ajouté, se disant prêt à une "évaluation" par les partenaires européens et internationaux des mesures controversées adoptées ces derniers jours.
La Cour constitutionnelle roumaine avait lancé mardi un cri d'alarme rare pour dénoncer les attaques dont elle faisait l'objet de la part du gouvernement qui a depuis retiré ses plaintes contre certains juges.
Plusieurs ONG de défense de l'Etat de droit dont le Comité Helsinki pour les droits de l'Homme ou Freedom House ont aussi dénoncé des "dérives antidémocratiques" de la coalition de centre gauche au pouvoir qui a entamé une procédure de destitution du président Train Basescu.
Elles déplorent l'avalanche de décisions controversées prises au cours des derniers trois jours par la majorité de l'Union sociale-libérale (USL): révocation du médiateur (avocat du peuple en roumain), des présidents des deux chambres du Parlement dans un vote à la légalité contestée, limitation des attributions de la Cour constitutionnelle et changement des conditions du référendum de destitution par ordonnance d'urgence jeudi.
Paris, Berlin et les Etats-Unis ont appelé ces derniers jours Bucarest à "respecter l'Etat de droit" et l'indépendance des institutions.
Le parlement roumain doit voter vendredi dans une séance qui débutera à 14H00 GMT sur la destitution du président de centre-droit Traian Basescu.
L'USL l'accuse d'avoir "gravement violé la Constitution".
Ce dernier accuse l'USL de vouloir contrôler toutes les institutions et notamment la justice qui fonctionne de manière de plus en plus indépendante selon les rapports de la Commission européenne.
"La bataille politique n'affectera pas le système judiciaire", a insisté M. Ponta en affirmant que son gouvernement "assurera la stabilité et l'indépendance" du parquet général, du parquet anticorruption et de la Cour constitutionnelle.








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