Présidentielle 2012 L'élection de François Hollande vue par la presse internationale
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L'élection du socialiste François Hollande à la présidence française, comme le résultat des législatives grecques, vont marquer un changement dans la politique européenne face à la crise, notamment une volonté d'infléchissement du tout-austérité, estimait lundi la presse internationale.
En Allemagne, le Financial Times Deutschland évoque ainsi un «tournant, particulièrement pour Angela Merkel», la chancelière allemande, apôtre de la rigueur pour combattre la crise des dettes et qui n'avait pas caché son soutien au sortant Nicolas Sarkozy.Pour le quotidien économique, la volonté du nouvel élu français «de compléter le pacte fiscal par des mesures de croissance touche à la suprématie de la chancelière en Europe».
«Les Allemands se retrouvent seuls avec leur pacte budgétaire», estime également le journal conservateur Die Welt.
Même verdict pour le Tagesspiegel (gauche), qui voit «une Grèce qui ne veut plus contribuer à sa propre guérison et une France qui, avec une politique économique orientée vers l'offre, quitte symboliquement l'Europe du Nord pour l'Europe du Sud, c'est-à-dire tourne le dos à la discipline budgétaire».
Pour le Stuttgarter Zeitung, Paris ne pourra seul faire fléchir l'Allemagne: «Aussi importante soit la France pour faire avancer l'Europe, elle n'est pas assez forte pour imposer sa volonté aux autres poids lourds».
«L'austérité en Europe risque d'être remise en cause» par les scrutins de dimanche, juge à Londres le Times (conservateur), qui accuse François Hollande de «jouer avec le feu».
Pour le Financial Times, «Sarkozy est la dernière victime du retour de bâton contre les sortants» en Europe et «il est vital» pour le nouveau président «qui a désigné pendant sa campagne le monde de la finance comme son +véritable adversaire+, que les marchés ne commencent pas à parier contre la France».
Le Daily Telegraph (conservateur) voit déjà la France «au bord de la faillite», alors que pour The Guardian (proche de l'opposition travailliste), l'élection «inverse la tendance d'une embardée droitière et xénophobe dans la politique européenne».
«Au revoir président bling bling», lance en français le tabloïde Daily Mail.
En Irlande, où doit se tenir fin mai un référendum sur le pacte budgétaire européen, l'Irish Times souligne aussi que «les résultats français et grecs mettent en question les plans de l'UE contre la crise de la dette».
«L'Europe tourne la page», titre le quotidien portugais i, pour lequel «La victoire de François Hollande ouvre la porte aux politiques de croissance».
«L'Allemagne a perdu les élections», estime de son côté le Jornal de Negocios (économique). «Les marchés vont détester. Mais c'est le tour de la politique. Vive la France, car si la France ne va pas de l'avant, nous ne vivrons pas non plus».
Le grand défi de Hollande «sera de concilier ses propositions avec la conjoncture interne et les stratégies de Berlin», avertit le quotidien de référence Diario de Noticias.
«Paris change et l'Europe change» juge l'italien La Stampa (centre-droit), tout en avertissant: «on verra comment il tiendra sa promesse» de «rompre le pacte fiscal» européen.
«La France vire à gauche», pour le Corriere della Sera (centre-droit), qui juge que «ces derniers jours, le favori Hollande a su rompre l'isolement en Europe», rappelant «les paroles du président de la BCE Mario Draghi» sur la nécessité de la croissance.
«La France tourne une page», affirme la Repubblica (centre-gauche), alors que pour le Il Sole 24 Ore (économique), M. Hollande est «un modéré, un social-démocrate, un homme tranquille. Qui veut changer sans bouleverser».
En Espagne, pour El Mundo (centre-droit) «la victoire de Hollande ouvre la voie à l'incertitude en Europe». Même tonalité chez ABC (droite): «Victoire de Hollande, incertitude en Europe».
El Pais (centre-gauche) estime au contraire que «le triomphe de Hollande en France est une impulsion à une politique de croissance en Europe». Côté journaux économiques, Expansion assure que «la victoire de Hollande ouvre la voie à un nouveau modèle économique européen» et Cinco Dias qu'elle «ouvre la voie à un nouveau scénario pour l'euro».
Le Soir, journal francophone belge de référence, évoque «Hollande, le président attendu au tournant». Et d'avertir: «Après l'épreuve de la conquête, celle du pouvoir».
La Libre Belgique partage cette opinion, relevant qu'il «doit son élection en partie à un rejet de la personnalité de Nicolas Sarkozy».
«La zone euro craque», titre le néerlandais Telegraaf (populaire) face aux «résultats anti-européens des élections en France et en Grèce». «Hier, on a voté en France et en Grèce : un vote contre l'Europe», abonde le quotidien NRC next.
Hollande «donne une voix aux Européens qui sont opposés à la ligne dure de l'austérité», soutient le quotidien économique Het financieele dagblad. «L'Europe a pris un coup dimanche avec les élections en France et en Grèce», juge De Volkskrant (gauche).
En Suède, pour le Svenska Dagbladet (libéral) «l'austérité ne remporte pas la majorité» et en Finlande, la radio publique YLE juge que «l'arrivée au pouvoir de Hollande n'affectera pas seulement la France mais secouera aussi l'avenir politique de l'ensemble de l'Europe.
Le quotidien zurichois Tages Anzeiger relève qu'en France et en Grèce l'Europe se révolte contre le »diktat de la rigueur«. Mais son homologue Le Temps prévient que »de gré ou de force, le nouveau président devra adapter son programme à la nécessité«.
En Autriche, le Salzburger Nachrichten (chrétien-libéral) juge qu'une »nouvelle phase dans la tentative de combattre la crise en Europe s'annonce«. Mais le Kronen Zeitung (populaire) met en garde: le »pacte de croissance (...) cela sonne bien, mais avec quel argent?
Pour le New York Times la victoire de Hollande «sera vue comme un défi à la vision dominante de l'Allemagne de l'austérité comme issue à la crise de l'euro». Thème repris dans le quotidien par Paul Krugman, prix Nobel d'économie connu pour sa critique de l'austérité, qui juge que Français et Grecs, «ont tourné deux pouces vers le bas» à la stratégie économique dominante, «une bonne chose».
«République socialiste de France», titre le quotidien russe Kommersant, pour qui «autour de Hollande se sont réunis des forces très différentes, depuis l'extrême gauche jusqu'aux centristes».
En Asie, l'agence japonaise Jiji Press estime que les succès de François Hollande en France et des partis opposés à l'austérité en Grèce représentent un avertissement sérieux en Europe et que «l'Union européenne devra inévitablement revoir ses caps». L'Asahi Shimbum titre: «La France a choisi le changement».
En Australie, The Australian titre sur «l'Europe (qui) cherche à assouplir la misère de l'austérité», le Sydney Morning Herald sur «l'Europe ouvre les yeux sur l'après-Sarkozy», mais l'Australian Financial Review souligne que «les marchés sont inquiets de la victoire socialiste».








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