Territoire de Belfort La liste des braquages s’allonge de façon inquiétante

le 24/04/2012 à 19:22 Dominique Lhomme
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23 braquages ont été commis depuis la rentrée dans le Territoire.

23 braquages ont été commis depuis la rentrée dans le Territoire.

Le nombre de braquages a explosé à Belfort et dans les environs. Le braquage du bureau de poste de Danjoutin lundi est le 23 e depuis septembre.

Après l’arrestation de l’auteur présumé des vols à main armée du bureau de poste de l’avenue Jean-Jaurès, la ville de Belfort et ses environs immédiats ont connu un répit de courte durée. Sans doute, la présence d’une demi-compagnie de CRS y était-elle pour quelque chose. Mais voilà, depuis le 11 avril, date du braquage du bureau de poste d’Essert, quatre faits ont été commis à Belfort et sa périphérie.

De graves traumatismes

Si, à chaque fois, les personnes braquées n’ont pas été violentées, elles ont subi un grave traumatisme. La boulangère de la Pépinière, après son agression, le 28 octobre, a vendu son commerce. La propriétaire de la bijouterie, Claudine, a aussi été la victime de braqueurs le 13 décembre. Ces derniers avaient attendu qu’elle ferme sa boutique avenue Jean-Jaurès pour la suivre, la prendre en otage à son domicile de Giromagny. Elle avait dû donner les clés de sa voiture et de son commerce et, en toute tranquillité, les voleurs avaient fait main basse sur le stock de son magasin.

Ces faits sont accompagnés de violence, car le ou les auteurs agissent avec une extrême rapidité, le plus souvent armés. Au bureau de poste de l’avenue Jean-Jaurès, des coups de feu ont même été tirés lors du deuxième vol et à celui d’Essert, le braqueur avait pointé son arme sur la tempe d’un client à terre.

La plupart du temps, les braqueurs prennent pour cible des stations-service, des petits commerces, des bureaux de poste. Avec celui de Danjoutin, c’est le septième pris pour cible. Les employés sont de plus en plus mal à l’aise. On le serait à moins en sachant, en allant au travail, que l’on risque de se retrouver avec une arme de poing en face de soi. À La Poste, des mesures ont été mises en place pour aider les agents victimes d’agression. « Nous avons créé une cellule « post-agression, indique le service communication, avec l’intervention d’une assistante sociale, d’un médecin du travail et, s’il le faut, un psychologue. Récemment, nous avons organisé une réunion avec un psychologue et l’ensemble des équipes. Nous ne savons pas si ces actions seront suffisantes, mais le directeur départemental a choisi de protéger son personnel en fermant provisoirement les bureaux où n’exerce qu’un seul guichetier : la Pépinière, le Mont et Essert. On se rend bien compte que cette mesure pénalise la clientèle. Lorsqu’il y a eu les vols au bureau du marché des Vosges, nous avions aussi établi un système de tour de rôle chez les guichetiers avec des agents volontaires. Nous avons des agents très courageux. »

Le syndicat FO, dans un communiqué, a également traduit le traumatisme subi par les agents : « Les agents sont très marqués par le braquage de Danjoutin, faisant suite à la série d’agressions de ces dernières semaines, sept au total. Ne se sentant plus en sécurité. Ils envisagent d’user de leur droit de retrait ». Une démarche soutenue par le syndicat, qui exige que des mesures de police soient prises et que la direction ferme momentanément les établissements dont la sécurité ne peut être garantie.

Un manque de moyen

Même son de cloche au syndicat Sud : « Il faut absolument que les agents travaillent dans la sécurité, il n’y pas d’alternative, souligne Catherine Faucogney. Les agents ont peur et chaque braquage rappelle à ceux qui en ont déjà été victimes le traumatisme qu’ils ont subi. On n’en sort pas indemne. On ne sait jamais ce que la personne qui tient le flingue peut faire. En deux ans, onze agents ont déjà été agressés dans le Territoire. À Danjoutin, la conseillère financière avait déjà été agressée par le passé. » Pour la syndicaliste, il y a actuellement une situation d’urgence et c’est un problème de moyens.

« La Poste nous dit qu’elle n’a pas les moyens d’embaucher des vigiles, alors qu’elle interpelle les pouvoirs publics pour assurer la sécurité des agents et des clients. Aujourd’hui, on assure l’ouverture de Danjoutin, mais, en même temps, on ferme Bourogne et Châtenois. Le Mont est fermé provisoirement, ce qui augure sa fermeture définitive. Les usagers sont très en colère. Il faut des moyens aussi pour assurer le service public. »

Les 23 braquages

17 septembre : au magasin Aldi aux Résidences à Belfort.

22 octobre : au magasin Vit’Affaires aux Glacis à Belfort.

28 octobre : à la boulangerie de la Pépinière à Belfort (tentative).

13 décembre : à la bijouterie Claudine, avenue Jean-Jaurès à Belfort.

23 décembre : au Lidl, avenue d’Altkirch (1000 €) à Belfort.

2 janvier : à la station Total aux Résidences à Belfort (7800 €).

13 janvier : au bureau de poste de Bavilliers (tentative)

14 janvier : au Lidl, avenue d’Altkirch à Belfort (quelques centaines d’euros).

16 janvier : au bureau de poste de la Pépinière à Belfort (tentative).

18 janvier : au bureau de poste de Bavilliers (1500 €).

31 janvier : à la station Total des Résidences à Belfort (200 €).

4 février : au magasin Coccinelle à Montreux-Château (braquage de la caisse, argent retrouvé).

9 février : au magasin Aldi aux Résidences à Belfort (900 €).

11 février : au Leader Price avenue Jean-Jaurès à Belfort (tentative).

14 février : au bureau de poste avenue Jean-Jaurès à Belfort (1500 €).

20 février : au bureau de poste avenue Jean-Jaurès à Belfort (1500 €).

23 février : au magasin Vima boulevard Dunant à Belfort (500 à 600 €).

26 février : à la station Elf à Belfort (240 €).

27 mars : au Petit Casino de Dardel à Belfort.

11 avril : au bureau de poste d’Essert (3000 €).

12 avril : à la station Total des Glacis à Belfort (230 €).

21 avril : au magasin Go Sport à Danjoutin (1860 €).

23 avril : à la poste de Danjoutin (montant non communiqué).

La cartograhie des braquages


Afficher Carte des braquages sur une carte plus grande

« Qui sème le vent… »


Interrogé sur cette nouvelle vague de vols à main armée, le maire de Belfort (MRC), Étienne Butzbach, dénonce le manque de moyens évident dont souffrent les services publics que sont la police nationale et la justice. « Depuis plusieurs mois, nous assistons à une recrudescence de ce type d’agression, due à plusieurs facteurs, notamment à une réduction depuis plusieurs années des moyens d’intervention et de surveillance. Il ne faut donc pas s’étonner de la multiplication de ce type d’actes. Et ce n’est pas en faisant intervenir des gardes mobiles de façon ponctuelle que l’on va résoudre le problème sur le fond ». Le maire avait déjà exprimé son ras-le-bol dans nos colonnes le 24 février dernier, indiquant que « même si ces vols étaient à mettre au compte de petites frappes, leur impact était considérable tant sur les employés des commerces concernés que sur la clientèle ». Il regrette la suppression de la police de proximité. Le substitut du procureur, Christophe Gérot, interrogé hier matin, reconnaissait que la société semble impuissante actuellement pour lutter contre ce genre de délits et qu’elle manque de moyens pour être efficace.

le 24/04/2012 à 19:22 Dominique Lhomme

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