Cinéma Samuel Collardey tourne « Le Lionceau » à Bonal
le 30/09/2011 à 05:00 par Propos recueillis par Alain Roy
Le réalisateur franc-comtois installera sa caméra numérique demain soir sur la pelouse du stade Bonal. Photo Alain Roy
Après « L’apprenti », le réalisateur franc-comtois Samuel Collardey débute demain le tournage de son prochain film dans le pays de Montbéliard. Une histoire de footballeur.
Les premiers tours de manivelle du futur long-métrage de Samuel Collardey auront lieu demain samedi sur la pelouse du stade Bonal, en lever de rideau du match Sochaux-Toulouse. Entre l’échauffement et le protocole de début de match, le réalisateur va faire entrer sur la pelouse deux fausses équipes de jeunes pour quelques images. Ce sont précisément celles qui refermeront le long-métrage, du moins dans sa forme actuellement arrêtée.
Et ce n’est pas par hasard mais plutôt une valeur de symbole pour cet homme de cinéma qui s’est attaché à raconter des rencontres et des « adoptions ».
Une rencontre au grand cœur
« Je cherchais à faire un nouveau film après L’apprenti et je voulais effectivement parler de personnes qui, étant très différentes, se rencontrent et s’apprivoisent, explique le réalisateur, installé pour cinq semaines de tournage au château Eugène-Peugeot à Hérimoncourt. Je suis aussi parti d’un fait divers, ces jeunes ados africains doués pour le foot que des agents véreux font venir en France, contre de fortes sommes d’argent, avant de les abandonner dans la nature sans rien. On estime qu’ils sont près de 500 chaque année à échouer ainsi chez nous. »
« Cette histoire est en effet un peu celle de L’apprenti, car construite autour de l’idée que deux personnes peuvent s’adopter et s’entraider malgré leurs différentes culturelles et sociales, reprend Samuel Collardey. Mitri, le jeune Africain, rencontrera en effet, après bien des péripéties, l’entraîneur d’un petit club local, celui de Sainte-Suzanne. Il s’agit d’un ancien pro du FCSM qui a connu lui aussi une carrière difficile après s’être brûlé les ailes au succès de débuts prometteurs. »
Et le scénario de construire un personnage un peu rustre et rude mais finalement au grand cœur. « Ce qui m’intéresse dans cette rencontre, c’est effectivement deux êtres qui vont s’apporter quelque chose. L’entraîneur de Sainte-Suzanne est un peu ce paysan rude du haut Doubs qui prend sous son aile le jeune apprenti… »
Le prochain long-métrage de Samuel Collardey s’intitulera aussi Le Lionceau. Et ce n’est là non plus pas un hasard.
« C’est que j’aime filmer aussi l’adolescence, reprend le réalisateur, installé désormais dans la vallée de la Loue. Et je travaille volontiers avec des acteurs non professionnels pour leur côté endormi, mou, mais avec une part d’inconscience qui fait qu’au travers de la fraîcheur que leur image renvoie à la caméra, ils savent finalement s’abandonner. Ils ont ce petit grain de folie que l’on perd à la maturité. »
Le jeune héros a été repéré au Sénégal en janvier lors d’un séjour de trois semaines sur place. Samuel Collardey a aussi travaillé à Paris avec une association d’anciens joueurs camerounais, « Foot solidarité ».
Quant à la transposition du fait divers en Franche-Comté, le chef opérateur s’en explique ainsi : « C’est d’abord plus facile pour moi de travailler ici, puisque j’y habite. J’ai fait mes études en partie à Montbéliard au lycée Viette pour mont BTS, et je crois qu’il faut de toute façon ancrer des histoires quelque part lorsque l’on fait des films. »
Mais tout comme l’apprenti, ce Lionceau sera encore une fois prétexte pour Samuel Collardey à raconter une communauté et un terroir.
Dépeindre une classe sociale
« Après les paysans du haut Doubs, je dépeins en fait une communauté industrielle, celle du pays de Montbéliard. Celle de personnes qui travaillent dur et vont au match à Bonal par passion pour le foot, bien entendu, mais aussi pour communier ensemble au travers du soutien de leur équipe. Je me sens proche de ce public de supporters. Quand on va à Bonal, on voit que c’est avant tout familial, on croise le père de famille avec son fils, etc. C’est très loin des faits divers de certains grands stades et du fanatisme d’un petit nombre de supporters. »
Le football prétexte pour raconter sur le grand écran une classe sociale, finalement ? « Oui, car parler de cette communion dans un stade, c’est mettre l’accent sur une manière d’être ensemble pour célébrer un même événement, conclut Samuel Collardey. Et je trouve aussi très intéressant de tourner à Bonal, car on sait les liens entre le club et Peugeot. Et comme beaucoup d’ouvriers de chez Peugeot se retrouvent aussi le week-end dans les gradins, il y a là une force peu commune. » Un autre portrait du pays de Montbéliard, en somme.
À VOIR « Le Lionceau », premiers tours de manivelle demain samedi à Montbéliard. En lever de rideau (18 h 55) du match du FCSM. Appel à figurants également : contact auprès de Pays de Montbéliard Agglomération au 03.81.31.88.88.
le 30/09/2011 à 05:00 par Propos recueillis par Alain Roy
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