Territoire de Belfort La compagnie de bus Optymo s'installe dans un conflit dur
le 22/09/2011 à 12:53 par Pascal Lainé
Une douzaine de syndicalistes bloquait le dépôt ce matin (Photo Pascal Lainé)
Depuis ce matin, les bus de la compagnie Optymo sont bloqués. Une douzaine de représentants de quatre organisations syndicales les empêchent de sortir du dépôt. Les syndicalistes sont très déterminés, la direction estime que tout dialogue est désormais impossible et s'en remet à la justice. Dans ces conditions, difficile d'annoncer un dénouement rapide.
Les négociations salariales annuelles achoppaient depuis le mois d'avril entre la direction et les représentants syndicaux de la régie des transports du Territoire de Belfort, qui fait circuler les bus Optymo. Après un préavis de grève pour le jour de la rentrée finalement levé in extremis contre la promesse de nouvelles négociations, le dialogue s'est définitivement rompu ce jeudi matin. Faute d'accord lors de la dernière réunion, mercredi soir, les représentants de quatre organisations syndicales (CFTC, CGT, CFDT et Sud) ont décidé par surprise de bloquer le dépôt ce matin, interdisant à leurs collègues de prendre le volant. Ils ont également interdit la sortie des voitures de service des contrôleurs que la direction voulait envoyer dans les principaux arrêts pour informer la clientèle du réseau. Pour les syndicalistes réunis devant le dépôt, la direction est responsable de cette situation de blocage. "La direction veut un accord pluri-annuel pour garantir la paix sociale sur les trois ans qui viennent, mais contre des reculs inacceptables, sur le paiement des jours de carence en cas d'arrêt maladie notamment", explique Khalid Barramou, de la CGT. Pascal Léman, de la CFTC, Evelyne Vivier, de la CFDT et Isabelle Huckel, de Sud, précisent que "tous les élus du personnel, délégués, élus du comité d'entreprise et du CHSCT sont là. Nous refusons toute forme de remise en cause de nos acquis". En toile de fond, la cohabitation de deux statuts parmi les 150 salariés d'Optymo. Les plus anciens, issus de l'ancienne CTRB, conservent des avantages, en matière de nombre de jours de congé notamment, dont ne bénéficient pas ceux qui ont été recrutés après 2007. Bref, ils sont une douzaine, mais motivés et décidés à camper sur leurs positions "sans limitation de durée".
La direction de la RTTB a répondu en fin de matinée à l'occasion d'un point presse improvisé. "Nous sommes confrontés depuis ce matin à un événement de la plus extrême gravité, lance Christian Proust, président du syndicat mixte des transports en commun du Territoire de Belfort (SMTC) en préambule. "Ce n'est pas une action syndicale, c'est une action qui se fait en dehors de la légalité. Une douzaine de responsables syndicaux se sont arrogé le droit de priver les 75000 habitants de l'agglomération belfortaine de leur liberté de déplacement." Dès les premières heures de la matinée, la direction a sollicité l'action de la police pour libérer les bus bloqués dans le dépôt. "La directrice de cabinet du préfet et le commissaire ont refusé sans décision de justice, nous avons donc engagé immédiatement une action en référé. C'est maintenant à la présidente du tribunal de décider. Celà dit, si 12 personnes avaient bloqué l'autoroute ou le faubourg de Montbéliard, je doute que la police attende une décision de justice pour les évacuer". Jean-Louis Lager, directeur de la RTTB, chargé de mener les négociations avec les syndicats, explique qu'il est d'autant plus surpris de cette action que les points de désaccord qui subsistaient mercredi soir étaient minimes. "Nous avions cinq à six points positif, et deux points de désaccord, sur l'allignement des congés entre les personnels embauchés avant et après 2007 ainsi que sur le paiement des jours de carence."
En tout état de cause, pour Christian Proust, toute idée de négociation est désormais hors sujet. "La prise en otage du réseau de bus n'est pas une action syndicale, si nous cédons cette fois-ci, ils recommenceront." Il annonce son intention de poursuivre les syndicalistes "au pénal pour les délits qu'ils commettent, au civil pour leur faire rembourser les pertes qu'ils occasionnent. Rien qu'en salaires versés à leurs collègues empêchés de travailler, c'est environ 20000 € par jour."
En attendant que la justice se prononce sur éventuelle libération du dépôt de Danjoutin par la force, les lignes 1 à 8 sont totalement paralysées. Les lignes suburbaines, comme les bus spécifiquement affectés au ramassage scolaire, circulent. La direction a donc prolongé la ligne 30 qui relie le sud Territoire à Botans jusqu'à l'arrêt Corbis et les lignes 71-72 qui vont du nord du Territoire jusqu'au lycée Courbet jusqu'à la préfecture.
le 22/09/2011 à 12:53 par Pascal Lainé
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