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Agriculture Pâturages grillés par le soleil, récolte de fourrage divisée par deux

le 01/06/2011 à 00:00 par Françoise Jeanparis

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« À l’évidence, il y aura des pertes de rendement importantes pour les céréales », constatait hier Philippe Monnet, le président de la FDSEA du Doubs (ici, au centre) lors d’une rencontre à Mathay avec les agriculteurs du secteur. Photos Françoise Jeanparis

« À l’évidence, il y aura des pertes de rendement importantes pour les céréales », constatait hier Philippe Monnet, le président de la FDSEA du Doubs (ici, au centre) lors d’une rencontre à Mathay avec les agriculteurs du secteur. Photos Françoise Jeanparis

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Selon les sols, la baisse de récolte fourragère varie de 20 à 70 % dans les exploitations agricoles de la basse vallée du Doubs. Certains pâturages sont grillés par le soleil. Les agriculteurs puisent déjà dans leurs stocks pour nourrir les vaches laitières. La FDSEA faisait le tour hier des exploitations pour recenser les difficultés.

« Il faut remonter à 1959 pour trouver un printemps aussi chaud », remarque Jean-Marie Vivot, le directeur de la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles). Histoire peut-être de requinquer le moral des troupes paysannes, le ciel s’était mis au gris hier mardi, journée que la Chambre d’agriculture, la FDSEA, les Jeunes agriculteurs du Doubs et la DDT (Direction départementale du territoire) ont choisie pour sillonner le terrain à la rencontre des agriculteurs du département.

Ils puisent déjà dans les stocks

L’objectif de ce tour d’horizon ? : causer de la sécheresse, des inquiétudes et des problèmes qu’elle suscite, prendre la tension de la profession. Pas au beau fixe, même si les terres assoiffées ont été arrosées par des trombes d’eau hier du matin au soir.

« Ce n’est pas ça qui va nous faire rattraper les 60 % d’eau qui ne sont pas tombés dans le sud du département depuis le début de l’année, lâche Jean-Marie Vivot. La particularité de cette sécheresse, c’est qu’elle touche le Nord de l’Europe, les zones d’élevage, essentiellement des structures grosses demandeuses de fourrage ».

Le déficit pluviométrique certains records historiques ont été franchis pour le mois de mai, dont ceux de 1976-, a des incidences énormes sur le fourrage. « Sur une parcelle où je fais habituellement 200 bottes de foin, j’en ai que 115 », remarque un agriculteur de Voujeaucourt.

« Depuis janvier, il n’est pas tombé plus de 32 mm d’eau. L’herbe ne pousse pas. Globalement, on a rentré moitié moins de fourrage que l’an passé », ajoute un éleveur de Beutal.

« On puise dans les stocks pour nourrir le bétail. On a déjà une alimentation à deux tiers hivernale pour les vaches laitières », constate Didier Ciresa, du Gaec de Mathay.

Terres dévastées par les campagnols

« Dans les champs, les tracteurs soulèvent des nuages de poussière tant la terre est sèche. Voir ça le 15 août, d’accord, en mai c’est terrible. J’ai perdu un quart de mon fourrage à cause de la sécheresse, un autre quart à cause des campagnols qui dévastent les terres. On a des parcelles totalement infestées », assène Laurent Boillot, agriculteur à Valonne. Le déficit de fourrage flirte avec les 70  % en sol dit superficiel. Dans les pâturages, l’herbe est jaune, déshydratée. À ceci s’ajoute un manque de 50 000 tonnes de paille dans le Doubs.

Si du côté des récoltes céréalières le colza va bien, les agriculteurs ont de grosses inquiétudes pour le maïs, dont l’ensilage permet de nourrir le bétail. Or, le maïs a besoin d’eau, beaucoup d’eau pour arriver à belle maturité. « Pour les orges de printemps, c’est râpé. Quant au blé, la météo décidera », note un agriculteur.

« À l’évidence, il y aura des pertes de rendement important. Nous ne sommes pas remis de la crise de 2009 qu’on emboîte sur une nouvelle crise. La situation économique risque d’être difficile », constate Philippe Monnet, le président de la FDSEA, exploitant à Trévillers. Les agriculteurs n’attendent pas la levée d’un impôt sécheresse. « Ça, non, on n’en veut pas ». Pour autant, la solidarité s’organise. Dans le Doubs, les instances agricoles mettent en place un service d’accompagnement individuel, « car chaque cas est particulier » pour répondre aux difficultés des agriculteurs liées à la sécheresse.

Le ministère de l’Agriculture a assoupli lundi l’utilisation des jachères (800 hectares dans le Doubs). On parle aussi d’alléger les troupeaux en abattant des animaux (moins de bouches à nourrir) destinés à la filière viande, « à condition que l’État puisse stocker la viande pour que les prix ne s’effondrent pas ».

le 01/06/2011 à 00:00 par Françoise Jeanparis

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