Agriculture La traction animale est une énergie renouvelable
le 24/02/2011 à 00:00 par De notre envoyé spécial à Paris, Jean Becker
Jean-Louis Canelle, président du Cerrta et le Belfortain Michel Schnoebelen, président des éleveurs de chevaux du Territoire de Belfort, ont interpellé, au salon de l’agriculture, Laurent Wauquiez (au centre) , ministre délégué aux Affaires européennes sur la reconnaissance de la traction animale comme énergie renouvelable. Photo Jean Becker
Depuis plusieurs années, des irréductibles Comtois, éleveurs de chevaux, mènent un combat pour la reconnaissance officielle au niveau de l’Europe de la traction animale comme énergie renouvelable.
La force des chevaux est une énergie. Comparée à toutes les autres technologies développées actuellement par l`homme, la traction animale est de loin la meilleure du point de vue écologique et du point de vue de la transformation d'énergie en puissance. Le travail du cheval est absolument inoffensif vis-à-vis de l’environnement et s’intègre d’une façon harmonieuse dans le milieu naturel. La puissance des chevaux constitue une forme d’énergie solaire transformée par la nourriture : une source d'énergie illimitée.
À ce niveau, le cheval représente « l'outil » le plus moderne qui soit. D’où le combat de Jean-Louis Canelle, président du Cerrta (Centre européen de ressources et de recherches en traction animale) basé à Villars-sous-Chalamon, dans le Doubs, de faire reconnaître la traction animale comme énergie renouvelable. « La traction animale ne fait pas partie de la liste des énergies renouvelables inscrites au Conseil de l’Europe, aujourd’hui c’est un vrai combat pour que la traction animale soit inscrite », affirme Jean-Louis Canelle.
D’ailleurs, cette semaine, avec le Belfortain Michel Schnoebelen, président du syndicat des éleveurs de chevaux du Territoire de Belfort, il a interpellé Laurent Wauquiez, ministre délégué aux Affaires européennes, sur ce sujet.
« À chaque fois qu’une ville décide d’utiliser un cheval, elle contribue au sauvetage de la planète, ont-ils rappelé au ministre. Il ne suffit pas de mettre un coup de peinture verte pour dire que l’on fait de l’écologie ».
Jean-Louis Canelle, au nom du Cerrta, a été contacté par le bureau d’étude qui travaillait sur l’aménagement du Mont Saint-Michel dans le cadre de la réalisation de la liaison entre le parking et le Mont Saint-Michel, soit une longueur de deux kilomètres.
« Tout naturellement, j’ai proposé une jonction avec un tramway sur rails tiré par des chevaux, mais il s’est avéré qu’au moment de bourre, soit de 10 h à 17 h, et cela sur trois mois de l’année, ce système hippomobile n’allait pas suffire, explique Jean-Louis Cannelle. Donc j’ai proposé qu’une petite partie de la population fasse le parcours à pied. Finalement, la solution retenue est d’utiliser un omnibus tiré par des chevaux et, en parallèle, un système électrique, donc juste un coup de peinture verte pour avoir bonne conscience, mais pas de solution alternative avec la traction animale ».
D’autres expériences se déroulent actuellement dans le Doubs. À Besançon, le ramassage des ordures dans les parcs et jardins de la ville s’effectue avec des chevaux comtois. Le conseil général du Doubs réalise la tonte du parc de la Gare d’Eau à Besançon avec des chevaux. Et il utilise également des chevaux comtois pour l’entretien de la voie verte.
« C’est un début, mais il faut un vrai développement. En Franche-Comté, nous sommes à l’origine d’un diplôme national, le certificat de spécialisation de cocher, dispensé par le centre de formation de Montmorot, près de Lons-le-Saunier », souligne le président du Cerrta.
Les exemples ne manquent pas, notamment dans le travail de la vigne, où l’on dénombre treize entreprises spécialisés dans la traction animale en Bourgogne. Le célèbre vignoble de Romanée Conti a embauché un salarié avec son cheval à temps plein pour l’entretien. Sans parler des projets sur Clerval, Montbéliard et Mulhouse.
« Nous avons travaillé avec des députés européens et l’on essaie d’intégrer l’énergie animale dans un projet global pour qu’elle soit reconnue comme énergie renouvelable. On a beaucoup de mal à avoir des interlocuteurs qui jouent le jeu et qui ont envie d’aller de l’avant », résume Jean-Louis Canelle.
le 24/02/2011 à 00:00 par De notre envoyé spécial à Paris, Jean Becker
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